Le Construction Industry Development Board (Amendment) Bill discuté, le 6 avril, au Parlement permet aux cabinets d’architectes étrangers de participer aux appels d’offres et d’obtenir des projets sans joint-venture obligatoire avec un cabinet basé à Maurice. De nombreux architectes et Quantity Surveyors ont exprimé leur mécontentement face à cet amendement qu’ils qualifient d’« antipatriotique ». Qu’est-ce qui les font donc tiquer ?

Kevin Sew Kiat, architecte, dit être « tombé des nues » en apprenant la nouvelle. Avec les « loopholes dans la loi, précise-t-il, qui permettent à certains cabinets étrangers d’exercer malgré les lois en vigueur, l’amendement va assombrir davantage l’avenir des architectes mauriciens ». Ce dernier exprime aussi son inquiétude pour la nouvelle génération d’architectes car il est toujours à l’aube de sa carrière. Il ne voit pas d’un bon œil l’exemption de responsabilité des architectes étrangers après trois ans. « Cela n’a pas de sens de mettre un architecte étranger responsable d’un projet local », ajoute-t-il.
Mathieu Perrier, un jeune architecte, soulève quelques points qu’il considère importants d’évaluer avant de mettre en place le Construction Industry Development Board (Amendment) Bill. « Comment une agence étrangère peut-elle avoir une maîtrise juste du territoire ? », s’interroge-t-il. « De telles mesures poussent à croire que le gouvernement doute des compétences des architectes de Maurice », poursuit-il.

Chandansingh Chutoori, un ingénieur, apporte pour sa part une autre perspective à ce débat. « Nous voyons que ces amendements sont corrects et que cela va dans l’esprit du développement de Maurice. Les Mauriciens ne devraient pas craindre ce changement mais au contraire le prendre positivement en accueillant le savoir-faire des experts ». Selon lui, il est pratiquement impossible de ne pas faire appel à ces experts car à Maurice il n’y en a pas suffisamment.

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