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Commission d’enquête ou «select committee»… Les partis d’opposition réclament une enquête indépendante sur la qualité de l’essence fournie par Vitol d’août à décembre 2019, ainsi que le rôle de Raj Dhaliah, ancien directeur général de la State Trading Corporation.

Le ministre de tutelle Yogida Sawmynaden préfère pour sa part attendre le rapport «approfondi» que doit soumettre le cabinet SGS. Celui-ci devrait apporter une réponse claire à la question : le manganèse est-il en cause quant aux dégâts subis par des milliers de véhicules l’an dernier ?

Vitol approvisionne Maurice en carburants d’après les «mêmes spécifications» que celles en vigueur quand Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd s’en chargeait, a affirmé le ministre de l’Industrie et du Commerce en répondant à la Private Notice Question du vendredi 14 février.

«Je ne suis pas ingénieur», a-t-il lancé au leader de l’opposition quand celui-ci a évoqué les mélanges de carburants avant de livrer sa cargaison. Sept ont été acheminés à Port-Louis entre août et décembre.

Arvin Boolell a aussi cité des «deals douteux» de Vitol autour de carburant trafiqué («adulterated mogas»), qui ont valu à la compagnie d’être interdite notamment au Sri Lanka. Ou encore le fait que le Federal Bureau of Investigation a fouillé de hauts cadres de l’entreprise en Suisse et au Brésil… Or, devant les doutes et les craintes des automobilistes, la State Trading Corporation a mis à l’index les «octane boosters».

«Nous n’avons blâmé personne», a réagi Sawmynaden. Du reste, le taux de manganèse dans ce produit utilisé pour booster la performance des véhicules varie entre «74,8 milligrammes par litre à 7 263 mg/l». «Il était de notre devoir d’informer le public que cela pouvait occasionner une panne», a déclaré le ministre.

«Le leader de l’opposition défend les fournisseurs» de ce produit, a encore ajouté le ministre. «Nous ne défendons personne.» Du reste, dit-il, les chiffres fournis par la Motor Vehicles Dealers Association indiquent que «seul 1,8%» de la flotte automobile aurait été affecté par ces problèmes techniques.

Il faut aussi considérer que «nous ne savons pas vraiment ce qui s’est passé» malgré les affirmations des concessionnaires, a fait valoir Sawmynaden. En faisant ressortir qu’aucune plainte n’a été reçue de la part de motocycliste ou de propriétaire de bateau. Les experts de SGS ont prélevé des échantillons dans les cuves, dans les véhicules, aux stations d’essence et récupéré les pièces endommagées.

«Is the leader of the opposition putting fingers at such a company?» Arvin Boolell remet-il en doute la réputation de Vitol, une compagnie «aussi renommée» ? s’est-il demandé. «Etes-vous un expert ?»

Boolell n’en démord pas : «C’est un ‘cover-up’ d’une bourde de la STC.» Rajesh Bhagwan du MMM renchérit : «Le ministre se cache derrière SGS. Cela pue la corruption.» Attendons voir, s’est contenté de répliquer Sawmynaden. Qui ne compte pas «mettre la pression» sur SGS au risque de se voir accusé de ne pas laisser l’entreprise mener son enquête en toute indépendance.

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