Face aux nombreux cas positifs à la Covid-19 depuis la seconde phase de déconfinement, le 1er mai dernier, d’aucuns s’imaginent le scénario d’un 3e ‘lockdown’. Quels en seront les impacts sur le pays qui souffre déjà économiquement des deux premiers ?

L’économiste Bhavish Jugurnath explique deux cas de figure envisageables. Le premier, un confinement où les Work Access Permits (WAP) seraient utilisés, l’impact économique sur le pays serait plus ou moins comme pour le dernier confinement, soit un manque à gagner de Rs 250 millions par jour. « Dans le scénario d’un troisième confinement, 70 à 80 % des compagnies arrivent tout de même à opérer et on pourrait ainsi observer une croissance économique de 0 % », prédit l’économiste.

Dans le deuxième cas de figure où un ‘complete lockdown’ était instauré, l’impact serait beaucoup plus néfaste. Selon lui, un manque à gagner de Rs 350 millions, voire plus, pourrait être enregistré, couplé à une croissance économique aux chiffres négatifs. « Les compagnies opèrent à moins de 50 % sur une durée de six à sept semaines. Nous aurons une croissance négative qui aurait des effets très néfastes pour le pays dans sa globalité », précise-t-il.

L’économiste a, toutefois, tenu à préciser que se sont les Petites et moyennes entreprises (PME) qui seront les plus affectées et sous l’effet domino, une grande partie de la population sera impactée. « Les PME sont concernées par 50 % des emplois environ. Comparativement aux grosses entreprises, elles sont beaucoup plus touchées par le confinement. Nous nous dirigerons alors vers un problème d’emploi », explique Bhavesh Jugurnath.

Même son de cloche pour Valérie Imbert-Kerambrun, gérante de deux PME, notamment Europestone Management, son agence conseil en marketing et communication et MySPA, un institut de beauté. « L’effet d’un troisième confinement serait tout simplement une catastrophe », dit-elle.

Cette entrepreneure tient à souligner que le Wage Assisance Scheme est, certes, une bouffée d’air dans un moment difficile mais c’est également une dette et non pas une solution en soi. « Beaucoup de personnes parlent du Wage Assisance Scheme. C’est bon, le gouvernement paie. Mais il faut savoir que c’est un ‘loan’. Il faudra travailler plus pour pouvoir par la suite rendre cet argent », affirme-t-elle.

Dans l’optique d’un troisième confinement, Valérie Imbert-Kerambrun, explique qu’elle est mieux préparée d’autant plus qu’elle en a connu deux. Elle essaie de s’adapter à travers diverses stratégies pour, dit-elle, « survivre ». « On tente par tous les moyens d’engranger suffisamment de revenus pour payer au moins le salaire des employés. Mais s’il y a un troisième lockdown, ce sera vraiment difficile. Je pense que plusieurs PME fermeront leurs portes définitivement », souligne la gérante.

Qu’importe la nature de l’industrie, le confinement semble tout balayer sur son passage. « Quand on travaille comme consultant en marketing, on le fait certes pour de plus grosses boîtes, mais ces dernières ont des réductions de budget. Ce qu’elles coupent en premier c’est le budget marketing et communication. Nous avons, ainsi, moins de budget alloué. Par ailleurs, le secteur ‘wellness and beauty’ a été aussi très affecté », dit-elle.

Dans un tel contexte, il est opportun que toute la population regarde dans le même sens. « Nombreux sont ceux qui ont lâché les gestes barrières comme bien porter le masque, Mais nous n’avons pas le droit de faire cela. Nos salaires et le salaire de quelqu’un qui habite chez eux dépend de cela », rappelle Valérie Imbert-Kerambrun.

Facebook Comments