Constat alarmant. Bien que l’accès aux sites de pédophilie soit interdit par l’Information and Communication Technologies Authority(ICTA), les tentatives de s’y rendre sont en hausse à Maurice. Selon des chiffres compilés par l’ICTA, il y a depuis le début de l’année pas moins de 250 040 clics vers de tels sites. C’est au mois de janvier que l’ICTA a enregistré un pic record avec 66 532 clics, 38 474 en février, 44 541 en mars, 32 177 en avril, 39 451 en mai et 28 865 en juin.

S’il n’est pas dans la prérogative de l’ICTA de prendre des actions contre les internautes qui tentent d’accéder à de tels sites, l’autorité régulatrice de la technologie à Maurice a néanmoins procédé à des amendements légaux dans le passé afin d’interdire l’accès à de tels sites. Grâce à une collaboration entre l’ICTA et l’Internet Watch Foundation, une Organisation non gouvernementale (ONG) basée au Royaume-Uni, une liste de sites avec des contenus pédophiles a été fournie à Maurice et l’ICTA en a par la suite banni l’accès.

Cette situation n’a pas échappé au KolektifDrwaZanfanMorisien(KDZM). « Ces chiffres interpellent fortement vu la hausse considérable.Cela fait une moyenne de 41 673 tentatives par mois en 2020. Il y a une nette augmentation par rapport aux chiffres de l’ICTA », souligne Mélanie Vigier de Latour-Bérenger, membre du KDZM.

Faisant une comparaison avec la situation en France, la psychosociologue se dit encore plus préoccupée. « Il y aurait environ 100 000 consultations par an et ce serait le 2e pays européen en nombre de téléchargements de contenus pédopornographiques, selon le secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance Adrien Tacquet, dans un article de janvier 2020 sur lexpress.fr », poursuit-elle. Mélanie Vigier de Latour-Bérenger souligne également que visionner de la pédopornographie relève de la pédophilie. « Et les facteurs explicatifs à l’origine de la pédophilie mettent en évidence le vécu de traumatisme important subi dans l’enfance », précise-t-elle.

Commentant par la même occasion les mesures prises par les autorités afin de contrecarrer le phénomène de la pédopornographie, la psychosociologue souligne que c’est positif de voir que l’ICTA interdit l’accès à de tels sites. Elle est également d’avis que l’accès à ces sites encourage les tendances pédophiles. « Selon Haettel, diverses études mettent en évidence le lien entre le passage à l’acte, donc une agression sexuelle sur mineur(e) et l’accès à la cyberpédophilie. Le pourcentage de passage à l’acte varie de 1 à 85 %. Il existe un risque. L’étude Hanson et Babchischin, en 2009, sur 3 536 sujets fait ressortir que 18,5 % ont commis une agression sexuelle avant ou après l’accès à ces sites », conclut-elle.

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