Les oligarques russes sous sanction, usant de discrétion, recourent à de nombreux stratagèmes pour mettre une distance de façade entre eux et les avoirs qu’ils détiennent. Ces artifices compliquent la traque des actifs par les autorités financières internationales.

Les images des méga yachts immobilisés à La Ciotat, dans les ports d’Hambourg ou de Barcelone et sur les côtes italiennes, tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Comme autant de symboles de la traque aux avoirs des oligarques russes proches du Kremlin, lancée par l’Europe et les Etats-Unis, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février. Pourtant, le travail des autorités pour identifier l’ensemble des biens (comptes en banque, villas, yachts, jets privés…) détenus par les 877 hommes d’affaires et politiciens visés par les sanctions de l’Union européenne (UE), afin de les geler et d’assécher les ressources de leurs propriétaires, n’en est qu’à ses débuts.

Surtout, la tâche s’annonce ardue, car de nombreuses chausse-trapes se dressent sur la piste des oligarques : sociétés-écrans créées dans des paradis fiscaux, montages financiers opaques, bénéficiaires factices recensés dans les registres du commerce… Des bataillons d’avocats ont été recrutés, pour couper le lien, ou le brouiller, entre ces milliardaires, qui doivent leur fortune à la privatisation de pans entiers de l’économie lors du démantèlement de l’URSS, et leurs biens. Or les Etats européens le savent : les investissements des oligarques russes en Europe sont colossaux. Ils se comptent en dizaines de milliards d’euros.

Source : Le Monde

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