Les 20 et 21 juin 2024 s’est tenue au Méridien la 17ᵉ conférence conjointe de l’Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE) et du Centre Régional d’Excellence sur le thème de la Finance Digitale en Afrique.

Ouverte par Harvesh Seegolam, Gouverneur de la Banque de Maurice et Kona Yerukunondu, président de la FSC, la session protocolaire a été l’occasion pour le Gouverneur Seegolam d’indiquer que l’Innovation Hub de la Banque centrale serait très bientôt une réalité, annonçant son lancement officiel pour le mois de septembre.

S’en est suivi le panel inaugural sur le thème des limites de la finance décentralisée pour favoriser l’inclusion financière.

Camine Di Noia, directeur de l’OCDE, a présenté en tant que Lead Speaker les principales conclusions du rapport de l’OCDE intitulé « The Limits of DeFi for Financial Inclusion » et Pauline Charazac, conseillère à la Banque de Maurice, comme présidente de session, a donné la parole au FMI pour détailler les initiatives de renforcement de capacités conduites par le Fonds en matière de régulation des Crypto Assets auprès des autorités compétentes de la région sub-saharienne.

On y a appris que si la finance décentralisée avait pour initial objectif de viser un public resté en marge des services bancaires, ce sont principalement les investisseurs professionnels qui tirent aujourd’hui profit de ces nouvelles technologies basées sur la Blockchain.

Ces outils et technologies, à la condition qu’ils soient en conformité avec les standards internationaux, peuvent-ils permettre une meilleure inclusion financière en Afrique sans peser sur la stabilité financière ? La question reste ouverte.

Alors que Maurice a été l’un des premiers pays au monde a légiféré sur les Crypto Assets avec le Virtual Asset and Initial Token Offering Services Act qui permet à la FSC de superviser et de réguler un marché en pleine expansion, la formule du Stablecoin semble être en test chez certains de nos voisins de la région, notamment sud-africains.

Avec un taux de bancarisation qui a certes doublé depuis 2011 pour atteindre 49 % de la population adulte d’Afrique sub-saharienne, les écarts avec les pays développés, mais aussi au sein de la région se font toujours sentir.

Si Maurice rafle la première place du classement avec un taux d’accès aux services bancaires de 91 %, la Banque mondiale indique que seuls 6 % de la population du Sud-Soudan dispose d’un compte bancaire.

Des indicateurs qui rendent de telles conférences indispensables pour rassembler l’ensemble des parties prenantes et s’accorder sur des acceptions de base.

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