Nous sommes le vendredi 12 mars 2021. L’ile Maurice fête sa 53e année d’indépendance. Et cela, dans un contexte très particulier. Le pays vient tout juste d’être confiné avec une deuxième vague de la Covid-19 qui sévit. Malgré cela, certains « sans scrupules » se sont résignés à faire de la démagogie. Pire, trahir la nation en ce jour symbolique de célébration nationale.

En effet, depuis des jours, une bande sonore qui a causé la panique chez bon nombre de Mauriciens est en libre circulation sur les réseaux sociaux. Sur la bande sonore, un homme fait croire à la population que « l’état d’urgence » sera décrété à Maurice à la suite d’une réunion qui s’est tenue au domicile du Premier ministre, Pravind Jugnauth. Il avance que tous les supermarchés seront fermés et que le pays passera en ‘full lockdown’.
La police soupçonne nul autre qu’un avocat d’être l’auteur de cette bande sonore. Un activiste connu dans la campagne de « BLD » contre le gouvernement, serait aussi impliqué après que la police l’accuse d’avoir propagé de fausses informations à travers la bande sonore. Alors que le quadricolore flotte en cette période de confinement sur les réseaux sociaux, les deux sont arrêtés et poursuivis sous une charge provisoire de ‘Breach of ICTA’.

Ce vent de panique d’un supposé « état d’urgence » a gagné beaucoup de Mauriciens qui s’attendaient à un ‘total lockdown’, le samedi 13 mars. Cela a été traduit encore une fois par un ‘panic buying’ durant le week-end.

Dans la bande sonore, l’auteur fait l’analogie avec l’état d’urgence que le pays a connu durant la guerre raciale durant le contexte de l’indépendance. En effet, 53 ans de cela, l’état d’urgence avait été décrété, soit le 21 janvier 1968, par Sir John Shaw Rennie, gouverneur général de l’époque. Selon lui, la tension se faisait sentir le 12 mars 1968, le jour de l’indépendance de Maurice.
En effet, l’état d’urgence est une mesure exceptionnelle pouvant être décidée en conseil des ministres, c’est-à-dire, par un gouvernement, en cas de péril imminent dans un pays. Certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, comme la liberté de circulation ou même la liberté de la presse.

Le droit international de l’état d’urgence est observé selon l’article 4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l’ONU de 1966 et dispose que : « Dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la nation et est proclamé par un acte officiel, les États parties au présent Pacte peuvent prendre, dans la stricte mesure où la situation l’exige, des mesures dérogeant aux obligations prévues dans le présent Pacte, sous réserve que ces mesures ne soient pas incompatibles avec les autres obligations que leur impose le droit international et qu’elles n’entraînent pas une discrimination fondée uniquement sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion ou l’origine sociale. (…) ».
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) a été signé et ratifié le 12 décembre 1973 par Maurice.

Maurice en « état d’urgence » pour son 53e anniversaire de l’indépendance ? Bien sûr que non. C’était des FAKE NEWS. Alors que le pays fait face à une deuxième crise sanitaire après 1 an, certains n’ont pas hésité à faire de la démagogie créant une psychose chez tous nos compatriotes alors que c’est le moment de se serrer les coudes et d’agir en patriote afin que la nation puisse sortir gagnante de cette crise qui a mis le monde à genoux.
Lancer des FAKE NEWS pour essayer de déstabiliser la population alors que le gouvernement a la responsabilité de ses citoyens sur ses épaules surtout en période de crise est un acte irréfléchi. On peut être du côté de l’opposition, ou avoir des différends avec le gouvernement, il faut rester démocratique. Mais, agir à l’encontre des intérêts de la patrie reste une trahison à la Nation ! Je fais donc un appel à tous de cesser avec des fake news en ces temps difficiles. Surtout pour le 53e anniversaire de l’Indépendance de notre pays et dans une période où on traverse un second ‘lockdown’ !


 

 

 

 

Contributor : Abdallah Goolamallee

 

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