Amazon ne connaît pas la crise. Le géant américain a plus que triplé son bénéfice net, à 8,1 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) pour la période de janvier à mars, signe que l’appétit pour le commerce en ligne ne faiblit pas. Le groupe de Seattle a aussi largement dépassé les attentes du marché avec un chiffre d’affaires de 108,5 milliards de dollars, supérieur à ses propres prévisions et en hausse de 44 % sur un an.

Cette croissance est portée par les ventes sur sa plateforme de e-commerce, notamment en Amérique du Nord, mais aussi par les services aux entreprises qui utilisent sa place de marché (24 milliards de dollars, +64 %) et par les recettes publicitaires (7 milliards de dollars, +77 %). Amazon a largement tiré profit des conséquences économiques de la pandémie en cours, embauchant 500  000 personnes en 2020, pour un effectif total de désormais 1,3 million de salariés dans le monde. En début d’année 2021, le commerçant a annoncé un nouveau cap en France, où il multiplie les projets d’implantation : pas moins de 3 000 nouveaux contrats à durée indéterminée devraient être signés.

Mercredi dernier, le groupe a annoncé une petite augmentation de salaire, entre 50 cents et 3 dollars de l’heure, pour près d’un demi-million de ses employés, principalement dans ses équipes de réception et envoi de colis. L’augmentation, qui sera appliquée entre mai et juin, intervient en amont d’une audition fédérale concernant l’échec de la création d’un syndicat au sein du géant du commerce en ligne et après avoir été pointé du doigt par le président américain, Joe Biden, pour ses pratiques d’optimisation fiscale. Mi-avril, Amazon a annoncé compter plus de 200 millions d’abonnés dans le monde à son service Prime, qui donne accès à des livraisons gratuites et rapides et à des plateformes de streaming. La formule a été adoptée par quelque 50 millions de personnes pendant la crise sanitaire, signe de la transition accélérée vers les achats sur internet. AWS, sa division de cloud (informatique à distance), n’est pas en reste, avec un chiffre d’affaires de 13,5 milliards au premier trimestre, en hausse de 32 % sur un an.

Amazon table sur un chiffre d’affaires compris entre 110 et 116 milliards de dollars pour le deuxième trimestre en cours, soit 24 à 30 % de plus sur un an, si le «Prime Day», sa journée de soldes, se tient bien entre avril et juin. En 2021, la croissance de sa vente en ligne devrait revenir à des taux habituels, de l’ordre de 15 %. Selon ce scénario, la plateforme détient 11,7 % du marché mondial du e-commerce. Le commerce en ligne et le cloud sont deux secteurs numériques qui ont explosé pendant la pandémie, à la faveur des restrictions de déplacement. Qu’ils capitalisent sur le temps passé en ligne par les internautes, sur leurs transactions ou leurs achats d’appareils électroniques, les géants de la tech ont réalisé des profits exubérants début 2021.

Alphabet, maison-mère de Google, a réalisé 55,31 milliards de chiffre d’affaires de janvier à mars, soit 34 % de plus qu’il y a un an. Selon le cabinet d’études eMarketer, Facebook est bien parti pour dépasser les 100 milliards de dollars de revenus publicitaires net pour la première fois en 2021, et ainsi conserver la deuxième position en termes de parts de marché mondial (23,7 %), derrière Google (28,6 %), et loin devant Amazon (5,8 %).
Sur la période de janvier à mars, Facebook et Apple ont vu leurs bénéfices net doubler, à 9,5 milliards de dollars pour le réseau social, et 23,6 milliards pour la marque à la pomme. Cette dernière a explosé ses ventes d’iPhone (+66 %), de tablettes iPad (+79 %) et d’ordinateurs Mac (+70 %).

Les habitudes prises pendant la pandémie auront sans doute la vie dure. Ni les sociétés ni les experts ne semblent plus craindre de retour massif aux modes de consommation d’avant-Covid.

Source : Libération.fr

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