Face à l’épidémie de virus Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, le ministère de la Santé mauricien est sur le qui-vive. Il annonce que toutes les mesures de précaution ont été prises pour éviter son introduction chez nous.

La surveillance à l’aéroport et au port a donc été renforcée. Un suivi des passagers en provenance de pays touchés est également assuré en leurs lieux de résidence. De même, l’International Vaccination Centre prévient les voyageurs qui se rendront dans les zones affectées par le virus Ebola des précautions à prendre.

Le monitoring committee mis sur pied à la Santé est chargé de suivre l’évolution de la maladie et de s’assurer que le pays est préparé à l’affronter. Ainsi, une circulaire sera distribuée auprès des médecins du privé et du public les tient informés de la situation et de la nécessité d’être vigilants. Un atelier de travail sera également organisé à l’intention du personnel soignant.

L’ONG Médecins sans frontières prévient, cette semaine, qu’« il y a un réel risque de voir de nouveaux pays touchés ». Et ajoute, par la voix de Bart Janssens, son directeur des opérations pour cette région du monde, que « la situation ne fait qu’empirer, puisqu’elle s’étend encore, surtout au Liberia et en Sierra Leone ». Deux pays particulièrement à risque en raison du « manque très important de visibilité de l’épidémie » là-bas.

Bart Janssens insiste : pour pouvoir amorcer « un début de contrôle de cette épidémie », il revient à l’Organisation mondiale de la Santé et aux gouvernements de « déployer et [d’]organiser davantage de moyens ».

Les premiers cas d’Ebola ont été répertoriés, en début d’année, en Guinée. Le virus s’est ensuite propagé au Liberia, au Sierra Leone, puis au Nigeria, où le premier patient est décédé. Le Sierra Leone, qui a décrété hier, jeudi 31 juillet, l’état d’urgence sanitaire, a d’ailleurs perdu, cette semaine, son spécialiste des fièvres hémorragiques virales. Le docteur Sheik Umar Khan, qui a réussi à sauver une centaine de patients, a lui succombé au virus.

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Photo (Reuters/handout via Le Monde) : Le Sierra Leone a appelé en renfort ses services de sécurité afin de placer en quarantaine les foyers d’infection.

Un patient infecté devrait être transféré aux Etats-Unis « dans les jours qui viennent », a indiqué l’Emory University Hospital, basé à Atlanta.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec des personnes infectées et les fluides corporels (salive, sueur, sang, urine) ou par contact indirect via un environnement contaminé. Il provoque une fièvre, vomissement, diarrhée, éruption cutanée, insuffisance rénale et hépatique et, parfois, des hémorragies. La maladie se révèle mortelle dans 25 % à 90 % des cas. Il n’existe aucun vaccin ni traitement.

Depuis février au 27 juillet, indique l’Organisation mondiale de la Santé, 909 des 1 323 personnes qui ont contracté une fièvre hémorragique ont été contaminées par le virus Ebola. Des 729 décès répertoriés à cette date, 485 sont attribués à ce virus.

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Ce tableau de l’OMS indique le nombre de cas probables et confirmés de fièvres hémorragiques dus au virus Ebola.

Sources : L’Express, L’OMS, Le Monde

Photo principale (CELLOU BINANI/AFP/Getty Images via NBC News) : La Guinée a mis en place des zones de quarantaine pour isoler les personnes atteintes du virus Ebola.