Pédostop, La Sentinelle, Dialekt, LEAD et le ministère chargé de Gender Equality, Child Development and Family Welfare terminent une campagne commune sur la violence sexuelle sur les enfants. D’autres médias se sont joints à ce partenariat.

Mettre des mots sur ce type de violence trop souvent tabou et briser le silence sont des pas capitaux pour toute personne victime ou ex-victime.

campagne abus sexuels la sentinelle

L’axe choisi pour cette campagne a été les signes qu’un enfant pourrait montrer s’il est victime d’agression sexuelle.

Les signes

Ils diffèrent si la violence sexuelle subie est récente ou ancienne. Et s’observent de manière différente selon l’âge des personnes victimes ou ex-victimes.

Selon plusieurs auteurs dans Conséquences des maltraitances sexuelles. Reconnaître, soigner, prévenir. (2003), sont cruciaux : les circonstances de la révélation, la parole de l’enfant ; les troubles du comportement et l’examen clinique.

  • La parole de l’enfant est capitale.

Avant de poser un diagnostic d’abus sexuel, la parole de l’enfant et du parent/adulte responsable doit être entendue séparément.

Un enfant n’a pas la maturité psychique pour inventer les actes sexuels subis qu’il décrit.

  • Il y a parfois des signes physiques : des saignements anaux ou vaginaux. Des MST. Des grossesses précoces, infections gynécologiques, difficultés à s’asseoir, encoprésie, régression à la propreté, etc.
  • Des troubles du comportement peuvent être observés chez les enfants victimes :

– troubles du sommeil, cauchemars, insomnies.

– troubles du comportement alimentaire (anorexie ou boulimie) principalement chez les adolescents.

– trouble du comportement sexuel :

◊ un comportement très sexualisé à l’égard des personnes ou objets

◊ recherche de stimulation sexuelle fréquente

◊ actes sexuels sur d’autres enfants. Les jeux du ‘docteur’ ou de ‘papa-maman’ entre des enfants de même âge vers 4-5 ans ne sont pas considérés comme des agressions sexuelles.

◊ Une masturbation compulsive publique. Normale seulement chez les enfants d’environ 2-3 ans.

◊ Des ‘mimes comportementaux’ où l’enfant victime d’agression sexuelle reproduit l’abus subi: il passe la serpillière entre ses jambes, mime une fellation avec une banane, mime une relation sexuelle, etc. Actes sexuels qu’il n’est pas supposé connaître à son âge. Faute d’arriver à mettre en mots parfois, l’agression sexuelle subie est mise en actes.

  • Des scènes sexuelles détaillées ou formes phalliques ou vulvaires sont dessinés par certains enfants victimes. Ce qui importe est ce que les enfants disent par rapport à ce qu’ils ont dessiné, pendant qu’ils le dessinent et après que le dessin soit terminé.

C’est l’association des signes au contexte qui permettra de poser un diagnostic d’agression sexuelle.

L’accompagnement médical, psychologique, social et légal

Cette prise en charge devra être faite par des professionnels compétents qui connaissent bien les violences sexuelles.

  • L’accompagnement médical est important. Qu’un examen de l’état général de l’enfant soit effectué et un examen spécifique par un expert médico-légal. L’urgence de cet examen médical est liée à la date de l’agression. Si l’abus est récent, l’enfant doit être examiné très rapidement, au plus tard 72 heures après l’agression. Cet examen doit être fait dans des conditions respectueuses et délicates pour qu’il ne soit pas vécu comme une autre agression. Les réactions et attitudes de l’enfant pendant l’examen doivent être prises en compte.
  • L’accompagnement psychologique est nécessaire tant pour le recueil de la parole de l’enfant victime, que pour sa reconstruction. La prise en charge thérapeutique d’un enfant victime sera efficace seulement si l’enfant est protégé de l’agresseur. Si les actes d’abus ont eu lieu dans la famille, elle a aussi besoin d’aide.
  • Un accompagnement social est crucial. C’est important que l’enfant victime ne soit plus en contact avec la personne qui l’a sexuellement agressée.

La recherche à ce jour montre que les moyens les plus efficaces pour lutter contre la récidive est : l’emprisonnement des pédocriminels ET un accompagnement thérapeutique obligatoire en prison et après la prison ET la castration chimique avec le consentement de l’agresseur.

Un pédocriminel en liberté représente une menace pour tous les enfants.

Tout acte d’agression sexuelle est un délit ou un crime.

Il importe de signaler ces actes qui ne doivent pas être réglés en famille ou dans l’institution, mais par la loi de la République.

Selon Nisse, Gruyer, Sabourin, 2004, « le traitement judiciaire concourt à la réparation psychique et symbolique de l’enfant ».

A Maurice, c’est au 113 qu’il faut signaler les cas d’agression sexuelle sur mineurs.