«Il est fort difficile d’écrire le Créole.» S’il le reconnaît d’emblée dans son préambule, c’est pourtant cette langue que choisit François Chrestien pour ses Essais d’un bobre africain. Cette collection, publiée en 1822, a été rééditée et réadaptée sous le titre Zistwar depi enn bob afrikin. La Creole Speaking Union (CSU) est derrière ce chantier littéraire.

L’ouvrage, souligne Arnaud Carpooran, est le premier en créole à Maurice. Il témoigne aussi du fait que celui-ci était déjà une «lingua franca», «l’élément unificateur» entre différents groupes à l’île Maurice au XIXsiècle. Une fonction que le Kreol occupe encore aujourd’hui, ajoute le président de la CSU.

Zistwar depi enn bob afrikin est une collection de fables de Lafontaine et de chansons de l’époque que traduit Chrestien. Il comprend également quelques «méditations mélancoliques» de l’auteur.

Le public pourra, à loisir, comparer le créole d’aujourd’hui (et sa graphie standardisée) à celui parlé au XIXe siècle. Car comme l’avait souligné Chrestien dans son avant-propos : «(…) mon pays, dis-je, n’a pas encore produit de grammairien pour son patois». L’auteur a pourtant un attachement pour la langue créole, «cet idiome simple et naïf dans lequel nous avons dit et nos premiers sentiments et nos premiers besoins».

Zistwar depi enn bob afrikin a été lancé durant la semaine écoulée en présence du Premier ministre Pravind Jugnauth.