Pendant douze semaines, les garçons et les filles placés dans les Rehabilitation Youth Centres (RYC) pourront s’initier à différentes activités sportives. Au programme : taekwondo, judo, boxe, karaté et haltérophilie. Les jeunes pensionnaires pratiqueront, du lundi au vendredi, au moins une heure de sport par jour et de s’essayer à chaque discipline.

Ce programme pour réformer ces jeunes, à l’initiative du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), a été lancé ce matin au complexe sportif de Beau-Bassin. Fazila Daureeawoo-Jeewa, ministre de la Solidarité sociale dont dépendent les RYC, a relevé que le séjour de ces jeunes dans ces institutions n’est qu’un « passage ». Et qu’il faut les préparer à réintégrer la société. Le ministre de la Jeunesse et des Sports Yogida Sawmynaden se dit, lui, convaincu qu’il y a des graines d’athlètes parmi les pensionnaires des RYC.

« Un enfant a besoin d’au minimum trente-cinq minutes d’activités par jour », explique Zameer Janoo, Sports Officer au MJS. L’objectif de ce Sports Based Programme qui vient d’être lancé aujourd’hui : permettre aux enfants de dépenser leur énergie. En dehors de l’aspect exutoire du sport, certaines valeurs que véhiculent ces disciplines, à l’exemple « du respect, de la camaraderie, de l’humilité », seront transmises aux jeunes. Un questionnaire permettra d’évaluer l’évolution des enfants et si ces valeurs ont été assimilées. A la fin du programme, « ceux qui sont doués seront recommandés aux centres sportifs de l’île où ils vont poursuivre et parfaire leur habileté ».

Lors du lancement officiel, les jeunes du RYC ont fait une démonstration de ce qu’ils ont appris en deux jours d’initiation. Présente lors de la cérémonie, l’Ombudsperson for Children s’est dit impressionnée par les résultats déjà obtenus. Et enchantée du programme. Rita Venkatasawmy note que « beaucoup d’améliorations sont faites concernant l’intégration des jeunes dans la société ».

Des progrès qui méritent d’être soulignés et qui interviennent quelques semaines après que l’Ombudsperson soulignait les conditions déplorables auxquelles sont soumis les mineurs aux RYC et Correctional Youth Centre du pays. Rita Venkatasawmy « espère qu’à travers ce programme, les enfants vont apprendre à se discipliner, à être à l’heure et que ça les aidera à gérer leurs émotions, leur colère ». Elle insiste toutefois sur la nécessité de scolariser ces enfants.