L’athlète Jessika Rosun avait décidé, dans un premier temps, de ne pas rapporter ses allégations d’attouchements à la police. «Je respecte son choix», a indiqué Stephan Toussaint au Parlement, ce mardi 10 avril. «Je ne peux pas l’influencer, elle est majeure», a expliqué le ministre des Sports, véhément face à Xavier Duval. Le leader de l’opposition a, lui, insisté que le ministre aurait dû avoir fournir à la jeune femme une assistance légale dès qu’elle avait formulé ses allégations à l’encontre de Kaysee Teeroovengadum.

La lanceuse de javelot accuse l’ancien chef de mission de la délégation mauricienne aux Jeux du Commonwealth d’attouchements. Ce dernier doit comparaître devant la justice australienne le 17 avril.

La jeune femme a reçu «tous les supports nécessaires», a insisté Toussaint, quand elle a décidé de se tourner vers la police australienne. Le ministre insiste que la priorité de départ pour son ministère était alors de fournir à l’athlète un soutien psychologique. D’où la requête faite en ce sens au ministère de l’Egalité des genres.

«Par ses actions, le ministre a participé aux pressions» exercées par le Comité olympique de Maurice sur Jessika Rosun, a asséné Duval. Qui s’appuie notamment sur une déclaration du président de la fédération d’athlétisme, Vivian Gangaram, à une radio privée hier. Selon ce dernier, le président du Comité olympique de Maurice (COM) lui aurait demandé d’intervenir auprès de Rosun pour la dissuader de poursuivre cette affaire.

«Je ne peux pas répondre pour Philippe Hao Thyn Voon», président du COM, a rétorqué Toussaint. Qui maintient : «J’ai fait tout ce qu’il fallait faire.» Le ministre des Sports invite Gangaram à porrter plainte à la police.

Duval ne s’est pas démonté, insistant qu’il y a eu pression sur l’athlète, et soulignant que cela, ainsi que le temps pris pour que Teeroovengadum soit suspendu de ses fonctions et quitte le village des Jeux, et le fait qu’il soit rentré, pointent vers un «sérieux cas de cover-up». [suite de l’article plus bas]

Toussaint : «Nous avons fait tout ce qu’il fallait» pour Jessika Rosun by ION News on Scribd

Le ministère compte-t-il amender la Sports Act pour inclure l’obligation pour le COM de lutter contre le harcèlement et les agressions sexuels ? Toussaint a refusé de répondre au pied levé, soulignant qu’«il faut toute une étude» avant de considérer des amendements législatifs. Et de répéter : «Nous avons fait tout ce qu’il fallait» pour Jessika Rosun. Ajoutant : «Je trouve navrant que sur un cas aussi sensible, certaines personnes veulent faire de la politique.»

Depuis son retour, Toussaint a aussi rencontré la famille de l’athlète. Le ministère prendra en charge les frais de déplacements d’un membre de la famille de l’athlète vers l’Australie s’il se rend auprès d’elle.

En ce qui concerne l’enquête réclamée par Xavier Duval sur les allégations de cover-up dans cette affaire, Toussaint affirme que cela équivaudrait à «dire que la police australienne peut être impliquée dans un cover-up».

«S’il y a un athlète qui a subi n’importe quel préjudice, qu’il vienne me voir», a affirmé le ministre. Qui se dit disponible «pour les écouter et les aider dans n’importe quel cas de figure».

Les athlètes qui participent aux Jeux du Commonwealth n’ont pas reçu de per diem (connu comme out-of-pocket dans le milieu) du ministère pour leur séjour au Gold Coast. Cette compétition, explique Toussaint, tombe sous la seule responsabilité du COM. A qui il revenait de trouver les fonds. Si celui-ci a bien reçu une assistance financière du ministère, celle-ci ne couvre pas les défraiements, a confirmé Toussaint à l’Assemblée nationale.