Pendant deux jours, scientifiques, étudiants, travailleurs, écologistes se sont retrouvés pour échanger sur The state of nature. Ou, en dressant un état des lieux, la « relation entre la société humaine et la nature », et non les ressources naturelles. Une distinction à laquelle tient Stefan Gua, membre du Centre for Alternative Research and Studies. Parler de « ressources naturelles », dit-il, c’est adopter une perspective en fonction de nos besoins. Or, « l’humanité fait partie de la nature ».

Le changement climatique, estime Stefan Gua, est surtout provoqué par l’« activité humaine » et le « modèle économique » qui prévaut accroît la pression sur la nature. De facto, avance notre interlocuteur, les travailleurs et toutes les activités économiques sont « impliqués de manière directe ou indirecte ».

« Il faut repenser notre relation avec ce qui nous entoure », soutient Stefan Gua. Mais aussi « réimaginer le travail ». Peut-on maintenir des industries polluantes, s’interroge-t-il, alors que cela est une menace pour la vie même ?

La conférence de deux jours, qui s’est tenue les 30 septembre et 1er octobre au Rajiv Gandhi Science Centre, à Bell Village, a aussi abordé la question des terres, de la biodiversité et de nos ressources aquatiques (mer, côtes, eau). Ceux qui n’ont pu y assister pourront prendre connaissance des discussions dans le rapport qui sera rendu public par la suite. Cares compte également formuler une position paper basée notamment sur ces échanges.

Cette rencontre sera suivie, le 5 novembre prochain, d’une conférence à laquelle participeront des intervenants d’Amérique latine. Une région dont Maurice pourrait s’inspirer, pense Gua. Qui explique : les droits de la nature sont reconnus officiellement en Bolivie et en Equateur.

Les droits de la Terre-Mère

L’Equateur est le premier pays à avoir inclus, dans sa Constitution, les droits de la nature. Sous le chapitre 7 dispose ainsi que la nature a droit au « respect intégral de son existence de même qu’au maintien et à la régénération de ses cycles de vie, structures, fonctions et processus d’évolution ». L’Etat est tenu de prendre des mesures « préventives et restrictives » vis-à-vis d’activités qui pourraient provoquer la disparition d’espèces, détruire des écosystèmes et altérer de manière permanente les cycles naturels ».

La Bolivie a, pour sa part, adopté la Loi de Mère Nature. La législation s’articule autour de certains principes :

  • l’harmonie entre les activités humaines et la nature ;
  • le bien commun ;
  • garantir la régénération, c.-à-d. que l’Etat doit s’assurer qu’en dépit des dégâts causés, la nature puisse s’adapter et poursuivre ses cycles sans grand changement ;
  • respecter et défendre les droits de la nature ;
  • plus surprenant, l’interdiction de commercialiser toute espèce vivante ou tout processus qui l’alimente. Ces derniers ne peuvent, non plus, être la propriété de quelqu’un ;
  • le multiculturalisme.