La présidente de la Global Commission on Drug Policy (GCDP) fait un constat de la situation des drogues à Maurice et juge les chiffres inquiétants.

En visite dans le cadre de discussions axées sur les politiques de drogue, Ruth Dreifuss se dit consciente de l’ampleur que prennent les drogues de synthèse sur le plan local. Et d’affirmer que la réalité mauricienne est « alarmante ».

Lors d’une conférence réunissant ONG, membres du public et étudiants à l’université de Maurice, celle qui a aussi été présidente de la Suisse a appelé à des politiques de drogues moins répressives et centrées sur la santé publique.

La prévention, le contrôle de la qualité des produits narcotiques et les soins prodigués aux toxicomanes doivent ainsi être privilégiés, soutient-elle.

Nicolas Ritter, directeur de Pils, a, lui, fait état du manque d’éducation au sein de la société vis-à-vis des drogues et de l’évolution des politiques instaurées par les autorités.

La représentante de la GCDP argue que la criminalisation de la consommation des drogues n’est guère la solution. Elle relève la sévérité discriminatoire à laquelle sont confrontés les usagers des drogues. « Le tabac est plus addictif que le cannabis, l’alcool fait plus de dégâts. » L’ex-présidente de la Suisse répondait aussi aux inquiétudes des autorités locales selon lesquelles la dépénalisation de produits narcotiques entraînera une hausse de la consommation : « Il n’y a pas de corrélation entre le type de politique et le niveau de consommation. »

Ruth Dreifuss rencontrera aujourd’hui Anil Gayan qui, selon elle, a « une responsabilité et une chance particulière » en tant que ministre de la Santé et chargé de la politique des drogues à Maurice. Ce sera l’occasion pour la présidente de la GCDP de plaider pour une « continuation et une augmentation des mesures positives de santé publique » dans le domaine de la drogue.