L’Etat veut préserver le patrimoine matériel et immatériel. Toutefois, modère Pradeep Roopun, l’aspect économique, notamment pour l’entretien et la réfection des sites patrimoniaux, est l’un des défis auquel il faut faire face.

Et de prendre exemple sur les coûts des réparations du Plaza et du théâtre de Port-Louis (la première phase est budgété à Rs 70 millions), de la municipalité de Curepipe ou encore des barracks de Trianon, pour lesquels de la chaux est requise dans le cadre des travaux de rénovation mais le prix très élevé, a noté Roopun ce jeudi 27 juillet.

Le ministre des Arts et de la Culture espère obtenir «le soutien et la collaboration» de toutes les parties prenantes. Il a ainsi évoqué, ce jeudi 27 juillet, la possibilité d’envisager des partenariats public-privé pour la gestion ou le développement d’activités autour de certains sites.

Roopun est revenu sur la polémique entourant les amendements à la National Heritage Fund Act contenus dans le Finance Bill. Aucun site classé patrimoine national n’a été enlevé de la liste jusqu’à présent, a déclaré le ministre, reprenant les propos de Pravind Jugnauth à ce sujet. Les nouvelles provisions, insiste-t-il, vise à impliquer toutes les parties prenantes dans le processus de déclassement.

Développement culturel

Sur les 198 sites figurant sur la liste des patrimoines nationaux, nombre sont dans un sale état, note Roopun. Quelques-uns n’ont pas pu être retracés, indique le ministre. D’autres, à l’exemple de tombes, ont été pillés. Pour qui la gestion de ce genre de sites implique non seulement l’entretien mais aussi une signalisation et en assurer l’accessibilité au public.

Des sites comme la Batterie l’Harmonie et la Tour Martello à Rivière-Noire, la Citadelle et le Fort George à Port-Louis, ou encore le Fort Albert à Baie-du-Tombeau pourraient être exploités, avance le ministre des Arts et de la Culture. Encore faut-il savoir quel type de projet développer sur ces lieux.

A la Citadelle, où les riverains sont opposés à des concerts en soirée, des animations artistiques et culturelles pourraient être organisées en journée, suggère Roopun. A l’instar de spectacles, d’expo-vente de produits artisanaux, de tableaux, d’albums… «On me dit que 500 touristes s’y rendent par jour», note le ministre. Qui indique que des discussions sont en cours avec la Small and Medium Enterprises Development Authority et la Tourism Authority quant au développement de sites culturels.

Autre lieu de la capitale qui pourrait devenir un nouveau point de rendez-vous pour les artistes : le jardin de la Compagnie. Le ministère réfléchit, dit Roopun, à comment intégrer cet espace dans le projet de rénovation du musée de Port-Louis. Il dit avoir évoqué le sujet avec le précédent lord-maire Oumar Kholeegan et son successeur, Daniel Laurent.

Lampadaires et autres objets disparus : Avis de recherche ?

Ce que retient surtout le ministre Roopun, c’est que des efforts de sensibilisation du public sont nécessaires. Pour que les citoyens connaissent mieux leur histoire et leur culture à travers les objets et les sites qui y sont rattachés. Et, dans le même temps, éviter que des incidents «malheureux» comme les vols constatés au Château Mon Plaisir, à Pamplemousses, ne se répète.

Pour retrouver les lampadaires et tableaux volés du Château de Mon Plaisir, Pradeep Roopun se demande si un «avis de recherche» ne serait pas de trop. Le ministre avance cependant que les malfrats pourraient avoir bénéficié d’«insider information». Les objets volés étaient entreposés dans un conteneur en attendant les travaux de réfection de la bâtisse. Tableaux d’une valeur «inestimable», car au-delà de l’estimation financière, il y a la valeur «historique, émotionnelle, symbolique».