Le samedi, Serge Constantin réunissait des amis peintres. Peinture et pinceaux en main, ils installaient chevalets et chaises pliantes souvent dans un coin ou un autre de la capitale, histoire de croquer Port-Louis et les gens qui y habitent ou y défilent.

Des tableaux de Constantin sur Port-Louis mais aussi de ceux qui l’ont longtemps connu et côtoyé sont accrochés aux cimaises de l’Institute for Contemporary Art Indian Ocean, à la rue SSR dans la capitale. On y voit ce qui a accroché leurs regards : des scènes de vie ici et là, les bateaux qui ont jeté l’ancre au port…

L’exposition «Visions de Port-Louis, Constantin et ses amis» est la troisième organisée dans le cadre de la rétrospective consacrée à l’artiste. Une manifestation qui vient marquer les 100 ans de sa naissance cette année.

Le groupe du samedi, ce sont ses amis peintres. Marie Rogers, Jocelyn Thomasse, Fabien Cango ou encore Osman Jeewa… Ils sont nombreux à poser leurs croquis et lavis bande depuis la fin des années 1950, sous l’impulsion de Constantin, à nos jours.

L’homme a passé toute son enfance dans la capitale. Serge Constantin voit d’ailleurs le jour un 18 mai 1917 dans les environs des Casernes centrales. Orphelin à l’adolescence – ses parents décèdent à quelques mois d’intervalle –, des proches habitant Rose-Hill le recueillent ainsi que sa fratrie.

S’il finit par habiter Coromandel lorsqu’il se marie et par devenir comme l’âme du Plaza, où il sera décorateur et scénographe, Port-Louis reste très présente dans ses œuvres.

Au sortir du collège, il prend de l’emploi dans une étude de notaire, mais c’est le dessin qui l’anime. Il se forme en même temps auprès de Gabriel Gillet puis de Xavier le Juge de Segrais. Sa première exposition se fait en collectif, en 1947 à Curepipe. Après un passage par l’armée britannique, lui qui était pourtant petit et d’allure si frêle qu’il hérite du sobriquet «moustic-linglot».

Serge Constantin aura marqué de traits indélébiles la scène artistique et culturelle de Maurice.

«Visions de Port-Louis, Constantin et ses amis» est visible jusqu’au 15 novembre.

La Rétrospective Serge Constantin

L’artiste, comme l’explique Bernard Delhembre dans la biographie «Serge Constantin, le locataire du Plaza» lancée dans le cadre de la rétrospective, a une œuvre protéiforme et abondante. Qui comprend des tableaux réalisés selon diverses techniques, des maquettes de décors de scène, des sculptures…

A travers cette rétrospective, David et Rachel Constantin rendent hommage à leur père, rappelle sa contribution à la scène artistique et culturelle locale.

  • «Serge Constantin, les couleurs du monde»

Exposition principale de cette rétrospective, elle se tient au Plaza où Constantin a officié en tant que décorateur pendant un demi-siècle.

Des ateliers gratuits sont organisés pour les enfants tous les week-ends, animés par une pléiade d’artistes-plasticiens. Une initiative qui aurait sans nulle doute ravi Serge Constantin, lui qui a formé des générations d’enfants sous les toits du théâtre de Rose-Hill. Retrouvez le calendrier ici.

Un livre d’art portant le même intitulé, «Serge Constantin, les couleurs du monde», a aussi été édité. En vente en librairies.

Visible au Plaza jusqu’au 14 octobre.

  • «Serge Constantin et l’art de l’estampe»

Gravure, lithographie, sérigraphie…. Constantin a exploré et pratiqué l’estampe dans ses diverses formes.

Visible à l’Institut français de Maurice jusqu’au 30 septembre