Ils s’appellent Ali, Hassan, Ismael, Osman, Omar, Farah, Ahmed, Mohamed, Kidiye, Yussuf, Ahmed et Ibrahim. Ces 12 Somaliens ont été transférés à Maurice le 25 janvier 2013 pour répondre d’une accusation d’«Act of Piracy on High Seas» devant la Cour intermédiaire. Mais ce jeudi, les magistrats Rangan et Neerooa, insatisfaits des preuves soumises par la poursuite, ont décidé de rayer le procès. Tout en regrettant que le traitement reçu par les accusés contrevient aux articles 5(3) de notre Constitution mais aussi de la Convention européenne des Droits de l’Homme.

La joie des Somaliens aura toutefois été de courte durée car le bureau du directeur des Poursuites publiques (DPP) a fait savoir, en fin d’après-midi, qu’il compte interjeter appel contre la décision des magistrats de la Cour intermédiaire. Le bureau du DPP a également fait une demande pour une « Stay of execution » auprès de la cour, ce qui suspend le jugement prononcé aujourd’hui jusqu’à ce que la cour d’appel se prononce. De ce fait, les 12 étrangers ont été reconduits en détention préventive ce soir.

Rassurant, le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell affirme que tout sera mis en œuvre pour que les droits des détenus soient respectés. Il poursuit en précisant que ces étrangers seront rapatriés dans leur pays soit pour y purger leurs peines (s’ils sont trouvés coupables à l’issue de l’appel du DPP), soit en hommes libres.

Raj Nuckchady, un des avocats des présumés pirates somaliens, a expliqué à ION News la stratégie que la défense a adoptée durant ce procès. Pour le juriste, le dossier de l’accusation manque d’éléments de preuve irréfutables, notamment des témoignages fiables pouvant mener à l’identification fiable des présumés pirates mais aussi leur degré d’implication dans les délits commis.