Les commentaires d’Alain Wong sur les sinistrés de Berguitta et le rôle de l’Eglise catholique passent mal auprès du père Jean-Claude Veder. Certes, les sinistrés devaient quitter les centres de refuge où ils s’étaient installés par la force des choses depuis le début de l’année. Le ministre de l’Intégration sociale sous-entend, déclare le père Veder, qu’il revient à l’Eglise de «s’occuper des Créoles». Alors que «c’est la responsabilité de l’Etat».

La situation des sinistrés de Berguitta, les commentaires haineux qui ont déferlé montrent encore une fois que les clichés et les discriminations envers les Créoles perdurent, fait comprendre l’homme d’église, également membre du mouvement Affirmative Action.

Celui-ci est à l’origine d’un rapport alternatif rendu public cette semaine et envoyé au Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CNUEDR). Ce document, baseé sur des auditions menées par l’ONG, brosse un tableau des discriminations envers les Créoles notamment. Et vient prendre en porte-à-faux celui, idyllique, que peint l’Etat mauricien chaque deux ans quand il se présente devant le CNEDR.

Car le «système» perpétue les discriminations, insiste Affirmative Action. Par exemple, au niveau du recrutement dans les corps publics. Les instances chargées du recrutement – la Disciplined Forces Service Commission, la Public Service Commission et la Local Government Commission – n’ont aucune «juridiction» sur la question de la discrimination raciale, avance l’ONG.

L’Equal Opportunites Commission, chargée de veiller à ce que chacun ait des chances égales et à l’élimination de la discrimination, n’a aucune juridiction sur le «triumvirat» des corps publics. La National Human Rights Commission n’existe que de nom, estime José Moirt, membre d’Affirmative Action.

Affirmative Action s’intéresse également, dans son rapport, aux corps parapubliques tels que le Mauritius Oceanography Institute ou le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine. Les cas des Créoles, des Rastas et des Agaléens sont aussi abordés.

Ce rapport a été déposé au bureau du Premier ministre, mais n’a soulevé aucune réaction, précise Père Veder.

Affirmative Action espère que les 14 et le 15 août, l’Etat mauricien saisira l’occasion de prendre, devant le CNUEDR, des engagements afin d’éliminer les discriminations raciales dans le pays.

NGO Alternative Report 2018 to the Committee for Elimination of Racial Discrimination by ION News on Scribd