José Pinto n’a pas révélé des détails concernant « une enquête en cours dont il est l’objet ». C’est pour cela que la Financial Services Commission lui a interdit, le 16 mars dernier, d’agir en tant que directeur d’Alvaro Sobrinho Africa Ltd (ASA).

C’est ce que s’est borné à répéter Sudhir Sesungkur au Parlement, ce 4 avril. Affirmant que le principal concerné n’a pas indiqué de quelle enquête il s’agit.

Reza Uteem, à l’origine de cette question parlementaire, n’a pas manqué de souligner que le board director d’ASA a, en fait, été arrêté dans le cadre de l’opération Monte Branco (Mont Blanc).

Cette opération des autorités portugaises, lancée en 2011, visait à démanteler un important réseau de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale impliquant la société suisse Akoya Asset Management. Dont Álvaro Sobrinho détient 22,5% des parts.

José Pinto détenait, pour sa part, 15% des actions de cette société de gestion de fortune basée à Genève. Il a été arrêté en mai 2012, de même que les administrateurs de la société

Devant l’insistance de Reza Uteem, Sudhir Sesungkur lui sort une boutade lancée par le Premier ministre plus tôt, lors de la Private Notice Question. « S’il a des informations, qu’il les transmette. » L’information sera alors relayée à la FSC, assure Sesungkur.

Au tour de Xavier Duval d’attaquer. Álvaro Sobrinho a-t-il bien divulgué toutes les enquêtes dont il a fait l’objet ? Le ministre des Services financiers esquive, avançant qu’il n’est pas en présence de toutes les informations.

Ritesh Ramful veut, lui, savoir si Sesungkur est au courant que le propriétaire bénéficiaire doit dévoiler toutes les infos le concernant, incluant les enquêtes. Sesungkur se dérobe derrière la parade de la « question spécifique ».

Revenant à José Pinto, pourquoi la FSC n’a-t-elle pas mentionné l’arrestation de Pinto dans son communiqué du 2 mars ? interroge Alan Ganoo, du Mouvement patriotique.

« Je pense que cela était dans la presse », tente Sesungkur. Qui est tout de suite démenti par Uteem.

Le député mauve renchérit : « Le ministre vient de confirmer que la FSC a donné un permis à une compagnie où au moins l’un des directeurs fait l’objet d’une enquête. »

Face à cette « sérieuse lacune » dans le fonctionnement du régulateur, Uteem réclame que les actions appropriées soient prises contre ceux qui sont en train de « mal gérer » ce dossier.

Acculé, Sesungkur laissera seulement échapper que ces informations sont apparues après le communiqué de la FSC.