Ceux qui sont passés par le jardin de la Compagnie, hier, ont pu témoigner d’une tranche de vie des personnes « ki trase ».

Un sketch s’y jouait pour montrer les divers types de violence et la discrimination auxquels font face les travailleurs du sexe. Aux mains des clients, des forces de l’ordre mais aussi souvent dans nos services de santé publics et, parfois, dans le système judiciaire.

En cause, insiste Shameema Boyroo : les préjugés et le fait qu’on oublie, trop souvent, que les travailleurs du sexe sont des humains, avec une famille, des enfants, des responsabilités, une dignité.

L’Outreach Worker auprès de Parapli rouz sait de quoi elle parle. Avant de s’associer à cette ONG, qui a d’abord vu le jour sous l’ombrelle du centre Chrysalide, elle aussi « ti pe trase » pour joindre les deux bouts.

En ce 17 décembre, décrétée par les nations unies Journée mondiale contre les violences faites aux travailleurs et travailleuses du sexe, elle se souvient de ces camarades tombées sous les coups, certaines sont aujourd’hui décédées.

Parapli rouz accompagne les travailleurs et travailleuses du sexe. Basée à Port-Louis, l’ONG leur ouvre ses portes en journée, fait de la sensibilisation auprès d’eux mais aussi du grand public, les informe de leurs droits à travers le soutien d’avocats bénévoles. Pour celles qui le souhaitent, un soutien éducatif est aussi en place.

La prostitution, fait ressortir l’ONG, n’est pas un délit selon notre cadre légal. Ce qui est puni par la loi ? Le racolage, mais encore faut-il pouvoir prouver que la personne accusée a importuné quelqu’un.

Et contrairement aux croyances populaires, la majorité des prostitué(e)s n’arpentent pas certaines rues de la capitale, de Grand-Baie et d’autres points « chauds ». On les retrouve dans des salons de massage, au bout d’un téléphone…

Ces personnes sont issues de différents horizons et de toutes les classes sociales, et beaucoup de celles qu’a rencontrées l’ONG ont choisi ce métier.

La campagne de l’ONG cette année, placée sous le slogan « Pa ziz nou kan to pa kone », vise justement à casser les préjugés et les clichés qui circulent.

Présente au jardin de la Compagnie, la ministre de l’Egalité des genres Aurore Perraud a pour sa part insisté sur le fait qu’on ne peut faire de distinction entre les victimes de violence.

Anil Gayan, ministre de la Santé, souligne que les travailleurs et travailleuses du sexe doivent aussi profiter des programmes de dépistage offerts dans le public. Et d’insister que son ministère s’occupe « de tout le monde ».

Le siège de Parapli rouz se trouve à la rue de Courcy, à Port-Louis. M : 54.43.19.51, 59.82.42.45