Refuser les cloisonnements, «nous enrichir les uns les autres de nos diversités». C’est l’invitation du Mgr Alain Harel à l’ensemble de la population mauricienne dans son homélie à l’occasion de la fête de la Saint Louis, ce vendredi 25 août.

L’évêque de Rodrigues propose ainsi de s’inspirer de Rodrigues pour forger l’identité mauricienne. L’homme d’église s’est appuyé sur le vécu de trois personnes qu’il y a côtoyées : le commerçant Ah Ko Cheong ; le sportif et Commissaire des sports Ismael Valimamode, décédé l’année dernière ; et Antoinette Prudence – décédée en 2007, cette grande figure de Rodrigues a été très active sur le plan social et politique á Rodrigues, participant notamment aux travaux de préparation de l’autonomie.

Mgr Harel cite aussi l’écrivain Amin Maalouf qui, dans Les identités meurtrières, souligne que l’identité est fluide, elle n’est n’est pas «donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence».

«La finalité de la politique, rappelle Mgr Harel, est de promouvoir un mieux-vivre ensemble, tout d’abord entre citoyens d’un même Etat.» S’il estime une «distinction nette entre religion et politique» nécessaire, l’évêque de Rodrigues nuance cependant : «Pas de confusion mais pas de divorce non plus entre spiritualité et politique, entre éthique et politique.»

Abordant la cause des Chagossiens, l’évêque de Rodrigues appelle également «tous les citoyens de notre République-Archipel [à] faire cause commune avec les responsables politiques, le gouvernement central, afin de retrouver l’intégrité de notre territoire».

La messe de la Saint-Louis a été concélébrée ce matin en la cathédrale de Port-Louis par le Cardinal Maurice Piat et Mgr Harel, respectivement évêques de Maurice et de Rodrigues. Cela en présence de délégations d’Agalega, des Chagos et de Rodrigues mais aussi de l’ensemble du clergé ainsi que des officiels du pays, dont le Deputy Prime minister Ivan Collenvadelloo, le ministre mentor sir Anerood Jugnauth et le leader de l’oposition Xavier Duval.

Lire l’homélie du Mgr Alain Harel ici