Le sega tipik à l’honneur. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le 27 novembre dernier, cette musique résonnera dans l’amphithéâtre de l’Institut francais de Maurice ce vendredi 14 août. Seront sur scène plusieurs générations de musiciens, pour témoigner de la vivacité de cette pratique qui se transmet à travers les âges depuis la période de l’esclavage.

A l’origine de cette soirée où la ravanne, le triangle et des voix typiquement mauriciennes pou bate : Menwar, père du sagaï, qui partagera aussi la scène avec d’autres camarades (voir plus bas). Dans l’entretien accordé à ION News, aujourd’hui, Loulou Menwar fait un véritable plaidoyer en faveur du sega tipik. Non, cette musique n’est pas morte, affirme-t-il, et il revient aux Mauriciens, aux autorités, aux médias, de la mettre en avant, soutient-il. Car être classé patrimoine mondial, dit-il, est une « fierté ». Et cette soirée n’est qu’un moyen modeste de rappeler aux autres ce qui a été fait et ce qui peut encore l’être.

Josiane Cassambo, figure emblématique du sega tipik,  « un symbole », qui aura notamment marqué les esprits avec son Tangale, côtoiera Mimose Furcy, qui a notamment évolué au sein de Tambour Chagos. On retrouvera aussi des artistes qui ont émergé plus récemment : Daniella Résidu et les Los Negros, qui en profiteront pour lancer officiellement leur premier album, Bal koulou.

Alors qu’un comité a été mis en place, dit-il, pour se pencher sur le sega tipik, il faudrait sans doute un exercice de recensement de ceux qui le pratiquent, des ravanniers qui font résonner leurs tambours en s’inspirant de ce qu’ont fait leurs ancêtres. Ces musiciens pourraient, par exemple, se faire connaître auprès du Nelson Mandela Centre for African Culture qui s’est associé au ministère des Arts et de la Culture ainsi qu’à l’IFM pour que cette soirée tipik puisse se faire. « Il ne faut pas laisser mourir le sega tipik », dit l’auteur-compositeur-interprète. Et c’est en jouant du sega tipik, en la partageant, en transmettant ce savoir, les frap, les klak, les pous, et ce rythme si particulier qui la caractérise, que l’on pourra s’en assurer, indique Menwar.

La soirée de ce vendredi est gratuite. Et verra également la projection d’un documentaire sur le sega tipik réalisé dans le cadre de la présentation du dossier à l’Unesco. Il ne reste toutefois plus de billets. Gageons, comme l’espère Menwar, que cela témoigne de l’enthousiasme du public pour cette musique et que cela encouragera d’autres soirées de ce genre, qu’elles soient payantes ou non.

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