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«L’Etat mauricien doit codifier une Loi sur le statut personnel qui protégera les femmes mariées religieusement.» Narghis Bundhun plaide, en particulier, pour les musulmanes dont l’union, souligne l’avocate, n’a aucune reconnaissance légale si sanctionnée par un imam mais pas enregistrée auprès de l’Etat civil. Ce qui laisse la porte ouverte au mariage d’enfant. Et de citer le cas de la jeune Ruwaidhah, 13 ans, mariée religieusement et enceinte, décédée en juin dernier de complications de santé. «Ce genre de tragédie ne peut continuer», a déclaré Bundhun. Qui insiste pour une interdiction du mariage avant 18 ans.

Quand l’article 16(4) de la Constitution, qui dispose que les «règles concernant l’adoption, le mariage, le divorce, les obsèques, la dévolution de succession» s’appliquent de manière spécifique à certaines personnes en fonction de «leur loi personnelle» doit être abrogée, a souligné l’avocate experte en droit de la famille à Genève, le lundi 29 octobre. Narghis Bundhun y a présenté les recommandations de la société civile, au nom du mouvement Musawah, devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

Le mariage de mineurs est l’un des problèmes posés, a fait ressortir Bundhun à Genève, car «il n’y a pas d’âge minimum pour le mariage religieux»

Abordant également la question de la violence domestique, le cadre légal de Maurice est robuste, a souligné l’experte en droit de la famille. Elle relève cependant que le pays est une «société patriarcale dominée par les hommes» où des victimes de violence domestique ont été tuées malgré l’obtention de «protection orders».

Narghis Bundhun a, par ailleurs, pointé du doigt le manque de formation des magistrats, souvent «jeunes et débordés», qui statuent sur ce genre de cas. Tandis que les représentants légaux sont «intrusifs et légalistes».

Intervenant hier 30 octobre, la Vice Prime minister Fazila Jeewa-Daureeawoo, a indiqué que le gouvernement a mis sur pied une commission pour évaluer l’impact d’une modification de la loi sur les femmes musulmanes. Tout en soulignant la nature délicate de cette question. Des consultations n’ont pas encore eu lieu, a fait comprendre la chef de la délégation officielle de Maurice.

En revanche, l’enfant né d’un mariage musulman, lorsqu’il est reconnu, jouit des droits garantis par le Code civil. Et l’union religieuse, a encore précisé la ministre de l’Egalité des genres, a une valeur légale lorsqu’enregistré du Muslim Family Council. L’enregistrement auprès de l’Etat civil doit être obligatoire, ont fait ressortir les expertes du Comité.

La ministre a, par ailleurs, indiqué que le viol conjugal sera inscrit dans la loi comme un délit.

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