Xavier Duval «ne connaît pas la réalité des petits planteurs», estime le ministre de l’Agro-industrie. Certes, le leader de l’opposition s’est rendu à Flacq, en avril dernier, dans le sillage du lancement du projet National Wholesale Market, dit le ministre de l’Agro-industrie. Toutefois, a lancé Seeruttun dans l’hémicycle, «j’ai le soutien de la majorité des planteurs».

Le leader de l’opposition prend, lui, «la défense de quelques-uns qui ont exploité les planteurs depuis tant d’années», soutient le ministre.

Les échanges entre les deux hommes durant la Private Notice Question (PNQ) ont été tendus. Mahen Seeruttun accusant le leader de l’opposition de faire de la «démagogie» en prenant «pour la première fois le parti des petits planteurs». Tandis que Xavier Duval lui a reproché de ne pas maîtriser son dossier et d’être «déconnecté» de leur réalité.

La PNQ était axée, ce 4 juillet, sur le marché de gros qui devrait sortir de terre à Belle-Rive. Les travaux, estimés à Rs 345 millions, devraient démarrer d’ici janvier 2018 et prendre fin en juin 2019. L’appel d’offres est prévu pour octobre de cette année.

Duval s’est voulu le porte-voix des petits planteurs qui, dit-il, sont inquiets et à l’origine de cette question parlementaire. L’une des principales craintes étant une hausse du coût du transport quand la vente des fruits et légumes sera centralisée à Belle-Rive. Le mode de vente à l’encan sera toutefois conservée.

«Les planteurs ont tous été favorables» au projet, a insisté Seeruttun. «Il n’y a pas d’appréhensions.» Et de préciser qu’il y a eu des consultations avec toutes les parties prenantes, dont un atelier de travail en septembre 2015.

Le taux des commissions que toucheront les encanteurs est toujours à l’étude, a précisé le ministre. Bien que le cabinet Gressard, le consultant retenu, ait fait des recommandations.

L’étude de faisabilité du consultant a été déposé à l’Assemblée nationale, ce mardi 4 juillet.

En revanche, tous les producteurs de produits vivriers auront accès au marché de Belle-Rive. Quelles mesures pour s’assurer d’une compétition saine, a voulu savoir Duval, entre petits planteurs et propriétés sucrières ?

Les fruits et légumes de ces deux types de producteurs, a fait remarquer Mahen Seeruttun, se côtoient dans le système actuel de vente à l’encan. «Il n’y a eu aucune plainte d’abus contre les gros producteurs», a précisé le ministre. «On ne va pas les priver de ce marché.»

Pour ce qui est de la vente généralisée, rien n’empêche les planteurs de vendre directement à des maraîchers, déclare Seeruttun. «Nous ne forcerons personne à se rendre au marché de gros.»

Duval a insisté sur le maintien des marchés de gros régionaux, mais avec des infrastructures améliorées. Seeruttun n’a toutefois pas manqué de lui rappeler que ce projet de National Wholesale Market date de plusieurs années. Et que Duval lui-même, alors aux Finances, avait évoqué la mise sur pied d’une telle structure dans son Budget 2008-2009. Dénoncer ce projet aujourd’hui équivaut, de la part de Duval, à de la «démagogie», a asséné Seeruttun.

La tranche matinale a été marquée par de vifs échanges entre Shakeel Mohamed et Etienne Sinatambou.

Pour savoir ce qui est aussi dit dans l’hémicycle hors micro, c’est par ici.

Lire la réponse écrite de Mahen Seeruttun ici