Elle est née sur Peros Banhos en 1953. Ses parents sont nés sur d’autres îles de l’archipel des Chagos. Liseby Elisée, dont le témoignage a été diffusé à La Haye, ce lundi 3 septembre, l’affirme haut et fort : «Mo bizin retourn dan mo zil kot mo’nn ne.» «Je dois retourner sur mon île où je suis née.»

La Chagossienne raconte, dans un extrait vidéo diffusée à la Cour internationale de justice, la vie sur l’archipel. «Dan Sagos, tou dimounn ti ena so fami, so travay, so kiltir… Nou ti gagn tou saki nou ti neseser», soutient Liseby Elysée. Qui dit son incompréhension face au déracinement dont son peuple et elle ont été les victimes, il y a plus de 50 ans.

Enceinte de quatre mois lorsqu’elle embarque de façon définitive pour Maurice, Liseby Elysée dit avoir perdu cet enfant à cause de ce traumatisme. D’autres Chagossiens sont morts de chagrin. Mais elle ne perd pas espoir. «Lazistis bizin fer», assure-t-elle.

Le témoignage émouvant de cette native de l’archipel met un visage sur les revendications de Maurice. A Pointe-aux-Sables, où des Chagossiennes s’étaient rassemblées pour suivre les auditions de ce matin, les larmes étaient également au rendez-vous (reportage à venir).

Celles-ci, comme l’ont tour à tour souligné sir Anerood Jugnauth et le panel légal de Maurice, concernent son processus de décolonisation, qui doit être complété, et qui comprend le retour des Chagossiens, pour ceux qui le veulent, sur l’archipel.

Photo : Liseby Elisée, Chagossienne née sur Peros Banhos, émue après la diffusion de son témoignage à la Cour internationale de justice à La Haye, le 3 septembre 2018.