La corruption a des conséquences sur le tissu social, économique… Mais quelles sont-elles ? Et que faire pour les endiguer, voire les éliminer ? Ce sont là certaines des questions qui ont été soulevées à l’Independent Commission against Corruption (ICAC), ce lundi 7 novembre, lors de l’annual lecture de l’institution.

La discussion, organisée au triangle du Réduit, a réuni au sein du panel d’orateurs Pierre Dinan, économiste, Gilbert Ahnee, consultant en médias, et Rabin Bhujun, directeur éditorial d’ION News.

Dans son allocution, Lutchmeeparsad Aujayeb, directeur général de l’ICAC, a rappelé que « la corruption mine la primauté du droit, freine le progrès économique et a un impact négatif sur le tissu moral de la société ». Les conséquences du paiement de bakchich, rappelle Pierre Dinan, se font sentir tant au niveau des compagnies qu’au niveau national. Pour les premières, les coûts d’opération augmentent, la réputation peut prendre un sale coup… Tandis qu’au niveau de l’Etat, les priorités nationales risquent d’être mises de côté au profit de projets coûteux et « lucratifs » pour les corrompus.

Si, dans la salle, une question s’est posée quant au bien-fondé du fast track committee mis en place par le gouvernement pour faciliter le business à Maurice, l’économiste estime, pour sa part, que Maurice a besoin d’une bureaucratie intelligente.

Gilbert Ahnee est d’avis que le système de Best Loser, et plus largement le « droit des minorités » peut faire dévier vers une forme de corruption. « Ce pays n’avancera que si nous pouvons revendiquer que nous avons, tous, exactement les mêmes droits », affirme le consultant en médias. Celui-ci avance également qu’une certaine forme de « corruption a gangrené la presse nationale à tous les niveaux ».

Là où le bât blesse, selon Rabin Bhujun, c’est que le citoyen lui-même présente des faiblesses, des failles. Qui se révèle dans la polarisation des débats publiques dans le sillage des scandales et autres affaires judiciaires qui ont émaillé 2015. Et dans la méfiance de nos concitoyens dans la justice et dans la police.

Lutchmeeparsad Aujayeb a profité de l’occasion pour lancer un Code de conduite à destination des fonctionnaires impliqués dans le processus d’attribution des marchés publics. Le code, explique Mohit Dhoorundur, directeur du Public Procurement Office, est basé sur 11 valeurs « humaines ».