C’est en octobre dernier que des fissures ont été décelées sur la carte d’identité biométrique par des citoyens. Une micro-enquête menée par la Plateforme No to Biometric Data on ID Card auprès d’un groupe d’étudiants de l’université de Maurice, expliaue Fabrice Ramet, montre que « la majorité » des cartes de l’échantillon sont abîmées là où se situe la puce électronique, un an à peine après leur mise en service.

La preuve, estime l’un des porte-parole de la plateforme, que les cartes d’identité biométriques procurées sont de « mauvaise qualité » alors qu’elles sont garanties pour une période de dix ans. Mais aussi que la firme singapourienne qui les a fournies au gouvernement mauricien n’a pas respecté les termes de son contrat.

Une lettre a été envoyée depuis plus d’un mois au ministère des TIC en ce sens mais demeure sans réponse. La plateforme compte écrire de nouveau pour réclamer qu’une enquête soit initiée. Elle rappelle au passage que ce projet de carte d’identité biométrique a coûté plus de Rs 1 milliard. Et que les fissures pourraient entraîner des coûts additionnels.

Pour Jeff Lingaya, la meilleure solution serait de détruire la puce électronique, ce qui prolongera dans la foulée la durée de la carte. Et de rappeler que Rajah Madhewoo a été autorisé à faire appel devant le Privy Council du jugement rendu, en mai dernier, par la Cour suprême. Mais ni l’Etat, ni l’opposition, dit Lingaya, n’ont pris position sur la question.

En attendant que les Law Lords se prononcent, suggère-t-il, le délai de validité de la carte d’identité laminée devrait être prolongée au-delà de janvier 2016.