Les émigrés mauriciens sont-ils des exilés ? Alain Gordon-Gentil, écrivain et cinéaste, est allé à la rencontre des Mauriciens du monde pour leur poser la question. Le fil conducteur de son dernier documentaire, «Les enfants de l’exil», est la question identitaire.

Les témoignages des intervenants sont poignants et relatent des histoires souvent familières. Ceux-ci exposent les raisons, parfois douloureuses, de leurs départs. En quête d’une nouvelle vie, de meilleures opportunités ou par peur d’un avenir incertain, les Mauriciens à l’étranger ont néanmoins toujours une pensée pour leur pays natal, explique Alain Gordon-Gentil.

Des images d’archives officielles mais aussi personnelles retracent le chemin parcouru par la diaspora mauricienne, en posant un cadre socioculturel et historique qui contextualise les récits de chacun. Gordon-Gentil est allé rencontrer des Mauriciens vivants dans des pays où les communautés d’émigrés mauriciens sont les plus denses, c’est-à-dire au Royaume-Uni, en France, au Canada, mais aussi en Australie, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.

«Les Enfants de l’exil» est un film pour les Mauriciens car, selon son réalisateur, nos compatriotes à l’étranger racontent aussi l’histoire de notre pays. La question épineuse du vote des expatriés mauriciens est abordée dans le film. Milan Meetarbhan intervient en expliquant que, de par la Constitution du pays et le système de vote par circonscription, les émigrés sont à ce jour automatiquement disqualifiés. Cependant, il espère qu’avec le 50anniversaire de l’indépendance de Maurice, les critères de votes changeront afin de donner une voix aux Mauriciens à l’étranger.

«Les enfants de l’exil» est à l’affiche des cinémas Star depuis le 9 novembre.