David Gaiqui a été reconduit en cellule policière. En Cour de Curepipe cet après-midi, la police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle. Jaylall Bhoojawon était à l’audience, ce matin, fait remarquer Me Neelkhant Dulloo, du panel d’avocats de l’habitant de Pailles. Le policier syndicaliste est venu justifier la nécessité du «strip and search», s’étonne l’avocat, qui ne compte plus représenter le président de la Police Officers Solidarity Union à l’avenir.

Cette affaire fait polémique depuis samedi soir, quand l’avocat Anoup Goodary a circulé une photo de son client Gaiqui, nu et enchaîné au poste de police de Curepipe. Depuis, le jeune avocat ne représente plus le suspect. Et se retrouve même inquiété par la police suivant une plainte de Gaiqui contre Goodary. Une plainte, affirme Ravi Rutnah, également sur le panel d’avocats, qui résulte des pressions d’officiers de police sur leur client.

David Gaiqui s’est plaint de brutalité policière.

Le bouillant avocat estime que la charge provisoire contre son client doit être rayée. L’affaire sera entendue de nouveau le vendredi 2 février.

Rutnah lance un ultimatum à Mario Nobin : si d’ici ce soir, les officiers de police impliqués dans cette affaire, ils devront s’attendre, de même que le Commissaire de police en personne, à être poursuivi en justice. Celui qui est aussi Deputy Chief Whip demande au Premier ministre par intérim, également leader du Muvman liberater dont il est membre, de résilier le contrat des membres de la Commission national des droits humains. Ces derniers étant «inefficaces jusqu’ici».

Il faut une «grande réforme» de la police et du judiciaire, insiste pour sa part l’avocat principal de Gaiqui. «Si j’étais Attorney General, je mettrais ce pays sur les rails en 30 jours», déclare Sanjeev Teeluckdharry. Les chantiers prioritaires, selon lui : le vote du Police and Criminal Evidence Bill ou encore la mise sur pied d’une cour d’appel séparée et d’un Miscarriages of Justice Tribunal.

Le panel d’avocats annonce le lancement, le 1er février, d’une association de lutte pour les droits humains. Ceux des détenus étant considérés comme quantité négligeable, note Neelkanth Dulloo.

La Commission des droits humains enquête

«L’enquête [de la National Human Rights Commission] avance de façon satisfaisante.» La garantie vient de l’Attorney General en personne, dans un communiqué émis cet après-midi. Maneesh Gobin indique avoir rencontré Dhiraj Seetulsingh, président de cette instance ce 29 janvier.

L’enquête, ajoute le ministre de la Justice, a démarré ce dimanche 28. «Les institutions, assure Gobin, travaillent en toute indépendance et en toute sérénité. La loi sera appliquée dans toute sa rigueur et sans aucune concession.»