La violence envers les enfants est l’affaire de tous. Tout le monde réuni à la table du lancement de la campagne nationale de La Sentinelle sur ce sujet s’accorde à le dire. Le groupe de presse s’est associé au ministère du Développement de l’enfant pour cette campagne axée surtout sur les violences sexuelles. Son directeur général, Denis Ithier, estime en effet que : « Nous avons les moyens de mieux toucher les parents. » Et que c’est le « devoir » de chacun de s’impliquer dans la lutte contre la violence, notamment sexuelle, faite aux enfants.

La campagne, à trois volets, comprendra un aspect « classique » avec affichage sur des panneaux publicitaires et dans la presse, mais aussi la formation des journalistes sur la manière de traiter les affaires d’abus sur enfants, ainsi que la circulation dans les écoles, d’une brochure sur les abus et l’éducation sexuelle, si le ministère de tutelle y consent.

Pédostop, l’association qui lutte contre la pédophilie à Maurice, participe aussi à la campagne. Mélanie Vigier de Latour, sa directrice, assurera le training au niveau des médias. « La parole de l’enfant est capitale », a rappelé la psychosociologue durant son intervention. Si l’enfant parle d’abus sexuels, « il faut le croire car il n’a pas la maturité pour inventer ce genre d’histoires ».

La population peut avoir, certes, la perception qu’il y a plus de cas d’agressions sexuelles de par ceux qui sont rapportés, comme l’a souligné Denis Ithier. Mais c’est toujours « la loi du silence qui prime » dans ces affaires, à Maurice ou ailleurs, a déclaré Mélanie Vigier de Latour. D’où, souvent, les dénonciations tardives. Et dans plus de 90% des cas, a-t-elle souligné, l’agresseur est un proche de l’enfant, de sa famille. Il faut donc être attentif à l’enfant, et apprendre à reconnaître les signes d’abus sexuels, auquel s’attachera aussi la campagne. L’association Leadership Empowerment and Action for Development s’y est également associée.

Aurore Perraud a indiqué, pour sa part, que la Child Development Unit « effectue un travail fort honorable mais dans des conditions difficiles ». D’où la décision de renforcer l’effectif de cette unité et d’en améliorer les services. La ministre a également ajouté que son ministère planche actuellement sur l’option de famille d’accueil, au lieu du placement en shelter, pour accueillir les enfants qui doivent être enlevés de leur milieu familial. « L’enfant doit pouvoir grandir et s’épanouir. »