Pas de problème «pour le moment» avec la soutenabilité de la dette publique. Tel est le constat d’une délégation du Fonds monétaire international, en mission à Maurice. Dirigée par Amadou Sy, celle-ci a procédé à une évaluation de la situation économique et sociale du pays.

La stratégie du gouvernement, qui table sur les investissements pour relancer la croissance, peut marcher. Elle comporte toutefois des risques, qu’il faudrait mitiger en élargissant l’espace fiscal, explique Amadou Sy. Cela permettra d’amortir d’éventuels chocs, poursuit le conseiller auprès du département Afrique du FMI. Comme des retards dans les projets ou une croissance plus faible que celle projetée.

L’élargissement de l’espace fiscal fait d’ailleurs partie d’une des quatre principales recommandations de la délégation, qui a rencontré Pravind Jugnauth le vendredi 11 août. Elle sera de retour au pays en février 2018, en prolongement de cette mission.

L’IMF n’a pas recommandé d’augmentation des taxes, précise Amadou Sy, mais d’améliorer l’efficience des régimes fiscaux existants.

L’économie mauricienne, relève la délégation, «continue d’être robuste». Le FMI prévoit ainsi une croissance à 3,9% pour 2017, grâce surtout au secteur de la construction mais aussi au tourisme, bien qu’à un degré moins important qu’en 2016. Cependant, la production sucrière est en baisse, tout comme les exportations, ce qui aura un impact sur l’agriculture et le secteur manufacturier.

Maurice doit donc renforcer son économie pour faire face à un contexte difficile et des vulnérabilités potentielles, estime la délégation.

Outre l’élargissement de l’espace fiscal, le FMI préconise de resserrer la politique monétaire et de renforcer le cadre monétaire, au vu des tensions inflationnistes à la hausse.

Pour ce qui est du système financier, la délégation s’est penchée sur les Global Business Companies. Notant leur résilience dans le sillage du traité fiscal renégocié entre l’Inde et Maurice. La délégation a aussi fait des recommandations pour améliorer notre compétitivité. Il faudrait des réformes pour réduire le taux de chômage des femmes et des jeunes.

Faire de Maurice un pays à haut revenu d’ici dix ans est un objectif louable, relève Amadou Sy. Cela requiert des institutions «solides et transparentes», souligne-t-il. Maurice, fait-il remarquer, a toutefois prouvé par le passé qu’elle peut se réinventer.

Photo : La délégation du Fonds monétaire international qui était en mission de consultation à Maurice comprend Sidi Bouna, Senior Advisor à la division exécutive du FMI, Louisa Charry, Senior Economist en matière de fiscalité, Amadou Sy, conseiller auprès du département Afrique du FMI,  et Cameron McLoughlin, économiste.