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Dev Sunnasy, Ivor Tan Yan, Neelam Narayen et Goindamah Nirmala Narayen ont saisi la Cour suprême pour contester les législatives de novembre 2019. Dans leur plainte constitutionnelle, ils avancent que ce scrutin n’était pas «free and fair», «juste et équilibré». Ils en réclament l’annulation et l’organisation de nouvelles élections générales.

Cette plainte fait suite aux «irrégularités» notées durant la campagne électorale, le jour du scrutin et lors du dépouillement des voix, a expliqué le consultant juridique Rajen Narsinghen à la presse, le vendredi 7 février, soit au lendemain du dépôt de la plainte. «Il y a une série de manquements», dit-il.

Un panel d’avocats a été constitué comprenant notamment l’avocat Neelkanth Dulloo et l’avoué Hiren Jankee.

L’Etat mauricien, à travers l’Attorney General, n’est pas le seul visé. Cinq autres défendeurs sont cités : l’Electoral Supervisory Commission (ESC), le Commissaire électoral, la State Informatics Ltd (SIL), l’Independent Broadcasting Authority et la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC).

Les plaignants s’étonnent ainsi 6 838 bulletins de vote déclarés nuls «sans aucune explication» et «au moins quatre bulletins authentiques [qui] ont été retrouvés dans la nature».

Dev Sunnasy, Ivor Tan Yan et consorts allèguent également qu’il y a eu «voter suppression», soit qu’on a empêché des électeurs d’aller voter. Comment ? En enlevant leurs noms du registre électoral. Ils estiment que plus de 6 800 citoyens mauriciens sont concernés. Or, les résultats dans certaines circonscriptions auraient pu être «modifiés de manière importante».

Le rôle de SIL dans l’exercice de décompte des votes est aussi contesté, de même que celui d’Ali Dauhoo, «senior advisor» du Premier ministre, auprès de l’ESC, du Commissaire électoral. La présence de ce «nominé politique», qui avait notamment «installé son bureau dans les locaux du bureau du Commissaire électoral», a «fortement compromis l’indépendance» de ces cadres, à en croire les trois plaignants.

Parmi les autres «irrégularités» relevées : «l’abus de l’appareil d’Etat», notamment de la MBC ; l’organisation de cérémonies officielles qui étaient, en réalité, des «meetings politiques» à l’instar de celle du 1er octobre pour la journée mondiale des seniors ; ou encore «une campagne massive de recrutement et de promotions» dans la fonction publique et les corps para-étatiques.

L’IBA est critiquée pour ne pas avoir pris de sanctions à l’encontre de la MBC alors même que l’ESC a établi que la MBC agissait de manière partisane durant la campagne électorale, notamment en diffusant les propos «incendiaires» et «communaux» de Somduth Dulthumun deux jours avant le scrutin.

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