Le Collectif Arc-en-ciel a fait sa demande à la police pour sa marche des fiertés depuis le 12 avril. Or ce n’est qu’hier que le Commissaire de police a signifié son objection. Des membres du collectif en ont été notifié verbalement hier aux Casernes centrales. La confirmation écrite est tombée aujourd’hui dans le courant de la journée.

La marche des fiertés aura tout de même lieu ce samedi 2 juin, au Caudan Waterfront. Les organisateurs en ont fait l’annonce aujourd’hui, entourés de certains des parrains de l’édition 2018. Celle-ci se fera aux couleurs indiaocéaniques. Les organisateurs citent le fait que l’objection de la police intervient bien après les 48 heures réglementaires.

Mais qu’est-ce qui motive ce refus ? Un post sur Facebook contenant une photo d’une gay pride à Londres avec un commentaire à caractère blasphématoire. Le collectif ne veut heurter aucune communauté religieuse, soutient Pauline Verner de CAEC, et respecte d’ailleurs le droit d’expression de chacun.

Le post, cependant, ne provient ni du collectif ni de ses membres, fait ressortir Verner. Des questions aussi se posent : pourquoi brimer une minorité au profit d’une autre ?

Selon nos recoupements, la police évoque des raisons de sécurité. Du côté du collectif, on fait ressortir que comme chaque année, tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité des participants, à travers un service privé et des policiers (service payant).

Le collectif compte aborder cette affaire avec le ministre de la Justice Maneesh Gobin demain. Celui avait déclaré, la semaine dernière, que les questions LGBT doivent être replacées sur le terrain des droits humains. Des propos tenus à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie, et la biphobie, observée le 17 mai.

Il n’y a aucun problème pour ce qui est des activités qui seront organisées au Caudan Waterfront, fait ressortir l’inspecteur Shiva Coothen, responsable des relations presse pour la police. La situation se complique pour la partie défilé à la Place d’armes, comme (l’année dernière), reconnaît toutefois notre interlocuteur.

Aucune décision finale n’a été prise, souligne l’inspecteur Coothen. Une réunion entre de hauts gradés de la police et les organisateurs du Collectif Arc-en-ciel est prévue demain.