Un jardin, quelque part. Des cris d’enfants, une séance photo en famille. Et voilà qu’une main d’adulte glisse sous la robe d’une enfant… Image choc, image forte que celle du clip vidéo réalisé dans le cadre de la campagne lancée par Pédostop ce mercredi 19 novembre, Journée mondiale pour la prévention les abus sexuels envers les enfants. Pour rappeler qu’« aucun enfant n’est à l’abri », insiste Mélanie Vigier de Latour-Bérenger.

L’association dont elle est la directrice, fondée il y a deux ans, vient en aide aux victimes et ex-victimes d’abus sexuels. Elle sensibilise sur la pédophilie et l’inceste à travers des sessions durant l’année, des interventions dans la presse, sa page Facebook qui peut toucher jusqu’à 10 000 personnes selon les publications… « Cela ne suffit malheureusement pas », constate la psychosociologue.

Alors que les parents ont le plus souvent tendance à mettre leurs enfants en garde contre les inconnus, « plus de 80 % des prédateurs sexuels sont des personnes proches de l’enfant, de la famille », rappelle Mélanie Vigier de Latour-Bérenger. Sans verser dans la paranoïa, il est donc « capital d’être vigilant ». D’informer son enfant sur son corps, sur ses droits et sur les dangers qu’il encourt. De lui dire qu’il peut dire « non ».

pedostop campagne2

Photo: La campagne comprend également deux posters, dont celui-ci.

Car comme le souligne la directrice de Pédostop, il est « très difficile » pour un enfant de distinguer les marques d’affection des gestes déplacés. « D’autant plus que les pédocriminels les manipulent, leur font croire que c’est bien. Il faut dire aux enfants que personne n’a le droit de les toucher ou de demander de toucher les parties intimes, ‘sous le bikini’, sur les fesses ou le sexe. » Ni, poursuit la psychosociologue, de les faire regarder des films ou des images qui les mettrait mal à l’aise.

Il faut aussi rester attentif à la parole de l’enfant. De nombreux cas ne sont pas rapportés parce que l’enfant qui dit avoir subi quelque chose n’est pas cru. Or, comme le souligne Martine Nisse, thérapeute familiale, « aucun enfant n’est capable d’inventer une histoire d’abus ».

Pour qu’il soit plus à l’aise pour en parler, entretenir le dialogue avec lui, parler avec lui de sa journée, de ses passions mais aussi de son corps et de sa sexualité, conseille Mélanie Vigier de Latour-Bérenger. Lui faire comprendre que peu importe ce qu’il lui arrive, il peut en parler. Car il sera écouté, entendu et cru. Que « les bons secrets engendrent de la joie ; les mauvais, un malaise, de la peur ».

Son comportement peut aussi changer suite à un abus sexuel. « Faute de le dire, il mime l’acte », explique la psychosociologue. « En agressant un autre enfant, en mimant une fellation alors qu’il mange une banane, en se masturbant en public et de manière compulsive (au-delà de 2-3 ans, âge auquel c’est normal dans le développement de l’enfant). Ce que Martine Nisse qualifie de ‘mimes comportementaux’. »

En cas de doute, les parents ne doivent pas hésiter à demander de l’aide à des professionnels compétents.

Le clip peut être visionné ici.

Le clip est aussi disponible en version créole.