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Poly Technologies, Inc. a «mauvaise réputation» et doit être déclarée «persona non grata», clame Xavier Duval. «Après le PTr qui a fait de l’India bashing, du ‘China bashing’ du PMSD !» a rétorqué Pravind Jugnauth. Les échanges entre les deux hommes ont été quelque peu tendus, ce mardi 3 juillet.

Le leader de l’opposition s’étonne que le gouvernement veuille s’associer à une entreprise qui est le principal pourvoyeur d’armes de Chine. Celle-ci a été «chaudement recommandée» par l’ambassadeur de ce pays, soutient le Premier ministre, qui est en discussions concernant la construction de logements sociaux.

Le chef des bleus a lourdement insisté sur les casseroles que traîne Poly Technologies. Toutes en rapport avec le commerce d’armes. Elle aurait versé un pot-de-vin à un haut gradé de l’armée namibienne, a indiqué Duval. Sans compter que Poly Technologies a été bannie aux Etats-Unis car elle aurait vendu des armes en infraction à l’Iran, North Korea and Syria Non Proliferation Act américain. La Namibie a annulé, l’année dernière, un contrat d’armes avec la compagnie chinoise l’année dernière suite aux pressions de Washington… Et Poly Technologies est soumise à une «présomption de refus d’exportation», qui est une forme de sanction, a affirmé Duval.

Port-Louis, a insisté le chef du gouvernement, s’intéresse aux logements sociaux qui pourront être construits pour les plus pauvres avec le soutien de Poly Technologies. Tandis que celle-ci veut installer son bureau régional africain à Maurice et investir dans le pays.

L’entreprise chinoise a effectivement été soumise à des sanctions aux USA en 2013 mais a toujours nié les allégations contre elles. Les sanctions ont été levées en 2015.

Du reste, précise Pravind Jugnauth, les discussions initiées avec l’entreprise sont toujours en cours, cette fois-ci à travers le gouvernement chinois. Car il sera notamment question de financement à conditions préférentielles mais aussi de subventions, également soumises à conditions.

«On abuse de la loi !» Duval s’offusque que c’est là un «simple trick» que d’établir un accord avec une compagnie, puis de discuter avec le gouvernement afin de pouvoir soutenir que l’accord est «G-to-G». Le recours à SBM (Mauritius) Infrastructure Development Co. Est un autre «colourable device» pour soustraire ce contrat à l’examen public et au cadre fourni par le Central Procurement Board dans l’allocation de contrat. Cela alors que le programme de l’Alliance Lepep promettait, au contraire, un processus transparent, a lâché Duval, narquois, à son adversaire.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement passera par la SBM (Mauritius) Infrastructure Development Co., a fait ressortir Pravind Jugnauth. «C’est comme cela que nous utilisons ce mécanisme pour un certain nombre de projets», comme le crédit de l’Inde à travers l’Exim Bank, dit Jugnauth. Avant d’ajouter : «Cela a été fait avant, même quand vous étiez au gouvernement.» Les lois sur les marchés publics s’appliquent, assure le chef du gouvernement. De toute façon, poursuit-il, rien n’a été finalisé, que ce soit au niveau des termes et conditions ou encore de l’entrepreneur qui se chargera des travaux.

Jugnauth n’a toutefois pas voulu rendre public l’accord-cadre signé par la filiale de la SBM et la compagnie chinoise. Arguant qu’une clause nécessite l’accord des deux parties avant toute communication publique du document. «Quel pouvoir Poly Technologies a-t-il donc sur ce gouvernement ?» s’est emporté Duval, pour lui faire garder le silence sur un contrat de Rs 13 milliards.

«The leader of the opposition is under a delusion», a raillé Jugnauth. «Personne ne nous a forcé à quoi que ce soit.» Du reste, l’accord-cadre n’est «pas contraignant».

Prise de tête

Le ton est monté entre Duval et Jugnauth sur le nombre de logements sociaux sortis de terre. «Que 268 maisons» sous le présent régime, a nargué le leader de l’opposition, le reste ayant été initiés sous l’ancien gouvernement. Jugnauth s’est fait un plaisir de lui rafraîchir la mémoire : 2 171 maisons depuis 2015, contre 2 496 de 2004 à 2014, dont des «bwat zalimet».

Duval veut soulever un point of order. Jugnauth ne veut pas lui céder la parole.  C’est son droit, interjette la Speaker en citant les Standing Orders. Les bleus s’excitent : «No, no, you can’t madam!»

Mais il ne répond pas à la question sur l’exercice de «due diligence» ! s’emporte Duval. «Le leader de l’opposition a commenté le nombre de maisons construites et je devrais m’asseoir et me taire ?» s’étonne le Premier ministre. «Le leader de l’opposition croit que c’est la bassecour», lance-t-il alors que la Speaker tente de ramener le calme dans l’hémicycle.

Des deux côtés de la chambre, on donne en effet de la voix. L’un des plus audibles, Mahen Jhugroo se fait remonter les bretelles plusieurs fois par Maya Hanoomanjee. Qui finit par lui dire, exaspérée : «I am asking you not to be excited about anything.»

Plus tôt, Jugnauth cite la clause où l’accord des deux parties est nécessaire avant de pouvoir en  divulguer les termes sous un «Ayo !» sonore de Duval. «Ki ayo? Kwa ayo? to gagn ayo?» ironise le leader du MSM. Ses rappels chaleureux de la mission sociale du gouvernement vis-à-vis des plus pauvres sont accueillis par des tap latab vigoureux de la majorité.

 

PNQ – Discussions between Mauritius and Poly Technologies July 3, 2018 by ION News on Scribd

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