Le leader du Mouvement socialiste militant, Pravind Jugnauth, s’est dit très surpris par «l’urgence» de Vishnu Lutchmeenaraidoo à démissionner du gouvernement et comme élu. Le Premier ministre a confirmé, dans la foulée, ce qu’avait indiqué le Chief Whip la semaine dernière : il y aura bel et bien une élection partielle à Piton/Rivière-du-Rempart et l’alliance gouvernementale compte bien y présenter un candidat.

«On verra si l’opposition criera que j’ai quitté le terrain», a lancé le chef du gouvernement. «Je ne viens pas baratiner», a réaffirmé Jugnauth. En soutenant, à propos de l’opposition : «Zot pou vini, nou pou manz ar zot.»

Le Premier ministre n’a toutefois pas précisé de date ni l’identité de la personne qui sera désigné, indiquant seulement qu’il y a en a «beaucoup».

A propos de Vishnu Lutchmeenaraidoo, Jugnauth a déclaré qu’il n’a pas apprécié la «manière de faire». Car il avait demandé à son ancien chef de la diplomatie qu’ils se rencontrent à son retour, le dimanche 24 mars, avant qu’il n’officialise son départ.

Lutchmeenaraidoo lui a alors fait comprendre que le courrier avait déjà été envoyé à la présidence de la République et à la Speaker. Et «ki’nn ariv ler e li bizin retourn dan so lakav». Ce à quoi le chef du gouvernement lui a souhaité «bonne chance dans la cave».

Interrogé sur de possibles tensions entre les deux hommes, le Premier ministre a redit avoir «une très bonne relation» avec le ministre démissionnaire. «Combien de fois ai-je pris position en sa faveur ? Je ne l’ai pas laissé tomber», a souligné Pravind Jugnauth.

Il souhaitait, en revanche, entendre les explications de son prédécesseur aux Finances quant à sa «honte» sur le taux de croissance qui stagne à 3% depuis dix ans. Des propos inexacts, a dit le Grand argentier.

Rentré hier de mission à l’étranger, Pravind Jugnauth a animé un point de presse ce lundi 25 mars au bâtiment du Sun Trust, siège du MSM.

Il a souligné l’importance de son intervention à Vienne, il y a une dizaine de jours, à la 62session ministérielle de la Commission des stupéfiants, et de sa rencontre avec Theresa May la semaine dernière sur le dossier Chagos.