Pravind Jugnauth n’a pas prononcé les mots «carte de crédit» ou «Platinum Card». Le Premier ministre confirme toutefois qu’il s’est bien entretenu avec la présidente de la République, aujourd’hui 6 mars, de la dernière polémique dans laquelle elle se retrouve empêtrée.

Il le dit lui-même : Pravind Jugnauth a rencontré Ameenah Gurib-Fakim cet après-midi, accompagné du Deputy Prime minister Ivan Collendavelloo après une réunion au Prime minister’s Office. Les deux hommes lui ont fait part de «l’opinion du gouvernement». Car il y a «consensus». Mais, avec la présidente, «nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde», souligne Pravind Jugnauth.

Ameenah Gurib-Fakim démissionnera-t-elle ? Assistera-t-elle aux célébrations du 12-Mars ? Le Premier ministre a préféré ne pas répondre. La principale intéressée était, elle, absente du lancement des célébrations officielles des 50 ans d’indépendance devant l’Hôtel du gouvernement, ce mardi 6 mars.

Samedi matin, Pravind Jugnauth affichait encore une réserve quant à cette affaire qui a éclaté suite à un article dans l’express, la semaine dernière. Préférant laisser la présidente s’expliquer, et attendre «l’évolution» de la situation après l’ultimatum de Gurib-Fakim au quotidien. Celle-ci avait demandé au journal de prouver l’authenticité des documents bancaires détaillant ses dépenses sur une carte de crédit qui lui avait été accordée par le Planet Earth Institute d’Alvaro Sobrinho. Mais la présidente devait elle-même en confirmer implicitement la véracité, dans la soirée du 3 mars, en s’offusquant du non-respect du secret bancaire.

Depuis l’éclatement de cette affaire, la pression monte sur le gouvernement pour que Gurib-Fakim ne soit plus présidente. Shakeel Mohamed a déjà déposé une motion de blâme au Parlement. Le Parti travailliste et le MMM ont signifié leur intention de boycotter les célébrations du 12-Mars si Ameenah Gurib-Fakim est toujours en poste.

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