Des consultations civiles sont nécessaires avant la promulgation, ou non, de l’ensemble de la loi régissant le don d’organes à Maurice. C’est l’avis d’Anil Gayan, qui a animé un point de presse ce mercredi 10 juin pour annoncer la tenue d’un atelier de travail sur le sujet. C’est un sujet « sensible », dit le ministre de la Santé, avec des considérations légales, médicales, déontologiques mais aussi religieuses. Il est par conséquent important de dégager un consensus avant de promulguer l’ensemble de la Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act.

Car jusqu’ici, seules certaines sections de cette loi, pourtant votée en 2006, sont en vigueur. Certes, concède Anil Gayan, ce cadre législatif comporte suffisamment de « contrôles » pour éviter les abus. Toutefois, il reste à définir des « balises », notamment par rapport aux « sensibilités religieuses », soutient le ministre. Mais aussi d’ordre éthique. Et de citer quelques cas de figure : agréera-t-on au don si le patient destinataire est fumeur ou alcoolique ? Ou encore, qui aura la priorité s’il faut choisir entre un jeune patient ou autre plus âgé ? Il ne faudrait pas non plus que s’installe un trafic exploitant les personnes vulnérables financièrement.

L’atelier aura lieu le vendredi 19 juin, de 9h30 à midi, au Rajiv Gandhi Science Center à Bell-Village. Le principal animateur sera un médecin de l’université de Marseille. Le ministère de la Santé collabore, en effet avec cette institution sur la question du don d’organes.

Anil Gayan est aussi revenu sur un incident survenu hier, lors duquel un médecin a été agressé au centre de santé de Montagne-Longue. Si le ministre dit condamner toute forme de violence à l’égard du personnel médical, il recommande toutefois à la presse de ne pas « sensationnaliser » les incidents.

Par ailleurs, le ministre de la Santé indique que le monitoring se poursuit au niveau des mediclinics qui opèrent sur une base 24/7. En fonction des données recueillies jusqu’ici, avance Anil Gayan, certains d’entre eux pourraient finalement fermés plus tôt. Cela afin de « ne pas faire de gaspillage de ressources ».