Des déductions sur leurs paies à hauteur de Rs 1 900, des jours de congés non rémunérés, des dortoirs sales, des violences physiques… Tels sont les principaux griefs de 120 travailleurs bangladeshis de Fairy Textiles qui ont gonflé les rangs d’une manifestation, le jeudi 14 mars à Port-Louis. Au départ une marche pacifique organisée par la Confédération des travailleurs du secteur privé et public (CTSP), le mouvement de protestation des lois du travail a finalement penché en faveur des Bangladeshis. Ses derniers ont demandé l’aide du syndicat après que deux Bangladais disent avoir été giflés par leur patron la veille.

Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a sollicité une rencontre avec le ministre du Travail Soodesh Callichurn. Après une première rencontre avec les travailleurs de l’usine et le syndicat, une deuxième rencontre a eu lieu à la Victoria House avec le directeur général de Fairy Textiles, Antish Bhowaneedin.

Décision a été prise que des cadres du Travail se rendront à l’usine textile qui se situe à Camp Caval, Curepipe. Cela afin de constater les conditions de travail des employés bangladais. Fairy Textiles, qui compte également 35 Mauriciens au sein de son effectif, aura 15 jours pour agir sur d’éventuelles recommandations. Au cas contraire, des sanctions seront prises contre la compagnie.

De son côté, Antish Bhowaneedin se défend d’avoir agressé ses employés. Il affirme qu’un employé l’a menacé avec un bâton dans les locaux de l’usine. Le salaire minimal est respecté, soutient le directeur général, tandis que les déductions servent à régler le logement et payer la nourriture des employés étrangers. Une pratique courante dans le secteur, fait remarquer Antish Bhowaneedin.

Ce dernier, remonté, estime que jeudi a été une journée de «tam-tam» pour ces Bangladais qui a causé du tort à sa compagnie. Avec près de 80% de son personnel à Port-Louis hier, Fairy Textiles aura du mal à respecter son quota de production destinée à l’exportation, soutient le directeur général.