Le leader de l’opposition dénonce les amendements qui seront apportés à la Gambling Regulatory Authority (GRA) Act. Des mesures «répréhensibles» et «inacceptables», estime Xavier Duval. Ces amendements, a-t-il plaidé au Parlement, doivent être retirés du Finance Bill et débattus séparément. Tout comme ceux ayant trait à la dette publique.

Le leader du PMSD s’insurge contre les pouvoirs accrus qui seront conférés au régulateur. Mais aussi contre l’ingérence qu’elles autorisent de la part de la GRA dans les affaires du Mauritius Turf Club (MTC).

Avec entre Rs 5 milliards et Rs 8 milliards de paris par an, «il y a beaucoup d’argent à se faire», avance le leader de l’opposition. Avec un poids plus ou moins égal pour les paris légaux et illégaux. Duval rappelle que si la Commission d’enquête sur les courses hippiques a souligné les manquements du MTC, elle a critiqué tout aussi vivement la GRA.

L’un des points noirs soulevés par la Commission d’enquête : le manque d’expertise et d’expérience du board de la GRA sur les courses hippiques et le personnel insuffisant. Mais aussi la perception d’ingérence politique. Les amendements contenus dans le Finance Bill, fait valoir Duval, donnent des pouvoirs accrus à la GRA alors même que la composition du board et du staff n’a pas changé.

Les amendements prévoient, en effet, que la GRA pourra, suivant une plainte, renverser toute décision du MTC. Ou encore avoir une «ingérence directe» sur 75% des revenus de l’organisateur des courses.

«Forte odeur de favoritisme»

«Pire encore», se désole Duval, le président du conseil d’administration n’a pas cédé à l’appel de l’opposition qui réclame sa démission. Cela alors que Raouf Gulbul a été «fortement compromis» à cause de liens allégués avec des trafiquants de drogue devant la commission Lam Shang Leen sur les drogues, estime le leader de l’opposition.

Selon Duval, Mukesh Balgobin, qui préside le MTC, est visé par l’amendement qui vise à interdire l’octroi de permis à toute personne sous le coup d’une enquête pour fraude, malhonnêteté ou «tout autre délit» d’obtenir un permis ; ou interdire le renouvellement du permis de la compagnie qui l’emploie. Le président de MTC, indique Duval, pense qu’il est dans le collimateur car il a été «unkind, unhelpful» envers «un ami du gouvernement», SMS Pariaz.

Le leader de l’opposition estime d’ailleurs qu’il y a une «forte odeur de favoritisme» envers cette compagnie qui offre des paris. Duval se demande d’ailleurs si la limite de Rs 2 000 imposée aux paris en espèces ne va pas favoriser SMS Pariaz.

Dev Beekarry en a aussi pris pour son grade. Le leader de l’opposition se demandant si le conseiller de sir Anerood Jugnauth ne serait pas derrière les amendements à la GRA Act. Duval n’a pas manqué de relever le communiqué de Richard Parry et de ses assesseurs. Les commissaires, qui ont livré le rapport sur les courses et celui sur sa mise en œuvre, indiquent que les amendements à la GRA Act ne correspondent pas à ce qu’ils ont préconisé.

Réformer le secteur hippique est urgent, reconnaît Duval. Mais les amendements proposés sont un «pas énorme en arrière». Voire nous rapprochent encore plus d’une «république bananière».

«Procès d’intention»

Des propos dont Anil Gayan a pris ombrage. Le ministre du Tourisme a donné la réplique à Duval. Répondant un à un aux principaux points avancés. Soulignant d’emblée que ces amendements découlent des travaux de la commission Parry.

La limite aux paris cash vise le blanchiment d’argent, rappelle-t-il. Tandis qu’il devrait y avoir un exercice d’appels d’offres par rapport aux fees du MTC. Le board de la GRA ne les fixera pas, a assuré Gayan.

Les pouvoirs accrus du régulateur font partis du processus pour des courses hippiques plus intègres, soutient le ministre du Tourisme. Qui s’est élevé contre le «procès d’intention» de Duval. Ce n’est pas juste que le nom de Raouf Gulbul soit ainsi mentionné à tour de bras, insiste Gayan. Cela crée «beaucoup d’incompréhension» au sein du public.

Selon ce que rapporte la presse, dit Gulbul, il existe aussi des dysfonctionnements au sein du MTC. Le conseil d’administration, poursuit-il, serait contrôlé par deux groupes.

Pour ce qui est de Mukesh Gulbul, dont il n’a pas voulu citer le nom, Gayan insiste que les critiques de Duval ne tiennent pas la route. La mention «under investigation» le fait tiquer ? Les courses hippiques ont besoin de personnes «au-delà de tout soupçon», fait valoir Gayan ; peut-être que cette clause les incitera à être plus prudentes.

Le MTC s’est, hier, positionné contre ces amendements et appelé à un dialogue avec le gouvernement.