Quelle est la relation entre l’art, la nature et la science ? Si elles sont toutes régies par des normes différentes, les trois disciplines demeurent pourtant connectées.

C’est lors d’un colloque organisé dans le cadre des 25 ans de la République que des spécialistes venus de France, d’Egypte et de Maurice se sont penchés sur la question. Pour le Dr Alexandra Henrion Caude, directrice de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale de France, l’art et la science s’inspirent tous deux de la nature.

Si le scientifique tentera de comprendre la nature, l’artiste essaiera de la représenter. Néanmoins, leur intention demeure la même : comprendre une «vérité cachée».

Outrepassant leurs différences, l’art et la science se rejoignent parfois dans ce que le Dr Henrion Caude appelle une «fusion de disciplines». La scientifique prend comme exemple l’art thérapie. Selon elle, cette fusion pourrait aussi être utilisée dans le domaine de l’éducation. En effet, amener les élèves à traduire en dessin les concepts discutés en classe pourrait permettre aux enseignants de mieux évaluer leur compréhension.

L’exemple le plus cité lors du colloque était celui de Léonard de Vinci. Grand maître de la Renaissance, il était aussi savant et ingénieur, un homme de science. Ismail Serageldin, directeur fondateur de la Bibliothèque d’Alexandrie en Egypte, explique que l’art et la science sont restés trop longtemps séparés. Il déplore un «degré de spécialisation énorme» durant les trois derniers siècles. Or, selon Serageldin, il est de la responsabilité des éducateurs de former la prochaine génération afin qu’elle puisse, comme de Vinci, être dotée «d’assises solides pour les sciences» tout en les reliant à l’art.

Le panel comprenait aussi le Dr Ehsan Dulloo de Biodiversity International et Kamlesh Dookayka, co-fondateur du Café scientifique à Maurice. Modéré par Simon Springett, coordonnateur résident des Nations Unies, le panel a surtout répondu aux questions du public composé d’étudiants, d’écrivains et de scientifiques. Les interrogations étaient plutôt orientées vers des disciplines scientifiques, comme la nanotechnologie. Malgré l’appréciation qu’a exprimée le public pour un tel débat, certains ont néanmoins déploré l’absence d’artistes sur le panel.