S’il est vrai qu’il y a eu une tendance à la hausse de la dette publique, le gouvernement s’active pour la réduire, insiste Pravind Jugnauth. Le taux prévisionnel à mars 2018 la place à 62,9%. Contre 64,8% en juin 2017, a indiqué le Premier ministre et ministre des Finances.

Les mesures du prochain Budget et de celui de l’année prochaine, espère-t-il, permettront d’atteindre la barre des 60% du produit intérieur brut que s’est fixé le gouvernement.

Des affirmations qui laissent l’opposition sceptique. Osman Mahomed, à l’origine de la question, a ainsi voulu savoir si la ligne de crédit de l’Inde d’un montant de Rs 18 milliards, décaissée à travers l’Exim Bank de la grande péninsule et la SBM sur le plan local, est garantie par l’Etat et incluse dans le calcul de la dette publique. L’Etat garantit une partie des remboursements, a répondu Pravind Jugnauth.

Visiblement agacé, Paul Bérenger a alors pris le relais. Faisant remarquer que le Premier ministre «n’a pas répondu à la question». L’Etat garantit le remboursement mensuel à travers un special purpose vehicle (SPV), a alors répondu Jugnauth. Avant d’ajouter, suivant une note de son personnel, que la ligne de crédit de l’Inde n’a pas encore été décaissée…

Les prêts au National Property Fund dans le sillage de l’affaire BAI, qui avoisinent les Rs 10 milliards, sont-ils inclus dans les chiffres de la dette ? a renchéri Paul Bérenger. Oui, a opiné le Grand argentier.

Les SPV sont donc un moyen pour l’Etat de continuer à investir dans des projets d’infrastructures publiques sans pour autant alourdir la dette publique ? a interrogé Ezra Jhuboo du PTr. C’est ce qui s’appelle une gestion efficace des fonds publics, a rétorqué Jugnauth.

Le Fonds monétaire international est pourtant moins optimiste que l’Etat mauricien, à en croire le travailliste Osman Mahomed. Citant un extrait «très inquiétant» du dernier rapport Article IV de l’organisme international. Soit que Maurice pourrait ne pas réaliser ses objectifs. Jugnauth l’a invité à lire plus en profondeur le rapport, notamment la partie où les stratégies adoptées en matière d’investissement sont saluées. Mais aussi le dernier rapport de Moody’s, qui maintient la notation du pays.

Arvin Boolell a alors insisté que le calcul de la dette n’est pas exact. Il faudrait peut-être adopter une nouvelle méthodologie, que l’on baptiserait «méthodologie du Parti travailliste», a lancé Pravind Jugnauth en boutade.

Suivant une question supplémentaire d’Aadil Ameer Meea, il ressort qu’il n’y a pas de calendrier de remboursement de prêts du gouvernement au National Property Fund et à la MauBank. «Nous nous en occuperons le moment venu», a déclaré le Premier ministre.