Le Head of Administration de la State House, Motichand Seebah, a de nouveau été entendu ce jeudi par la Commission d’enquête instituée contre l’ex-présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Aux questions du juge Asraf Caunhye relatives aux conseils légaux dispensés à l’ex-locataire du Réduit, il a expliqué comment celle-ci a eu recours au State Law Office (SLO) dans le sillage des révélations du quotidien l’express quant à l’usage personnel qu’elle a fait de la carte de crédit de l’ong internationale Planet Earth Institute (PEI).

Motichand Seebah a indiqué que les conseils légaux sont techniquement dispensés par l’Attorney General, mais dépendent toutefois de la nature du problème. Il a fait ressortir qu’il doit y avoir une vérification au préalable quant à un «précédent», avant qu’un avis ne soit réclamé. En écrit. Lorsqu’il y a urgence, un coup de fil au SLO suffit, avant d’être suivi par une lettre. Et c’est uniquement le secrétaire à la présidence qui est habilité à solliciter un conseil légal.

Le 28 février dernier, révèle Motichand Seebah, Ameenah Gurib-Fakim l’a convoqué et montré l’article de l’express, indiquant que le contenu est infondé et qu’il fallait émettre une mise au point sur le champ. Il a rédigé un communiqué démentant l’article en question sur ses instructions, mais il lui a suggéré de solliciter un conseil légal au préalable. C’est ainsi qu’ils ont discuté et qu’elle lui a demandé si elle devait consigner une déposition au Central Criminal Investigation Department (CCID).

Il a alors adressé une lettre au Solicitor General, Dhiren Dabee, quant à la marche à suivre et une copie du communiqué devant être émis, avant d’appeler ce dernier. Dhiren Dabee a envoyé son avis le 1er mars. Il a évoqué l’immunité de la présidente et du fait qu’elle devrait s’en passer si jamais elle doit porter plainte, devant alors déposer devant une cour de justice. Ce serait la même procédure en cas de litige au civil. «She may wish to consider if it would be wise or prudent for her», a ajouté Dhiren Dabee tout en mettant en exergue les risques pour l’institution qu’elle représente.

En ce qu’il s’agit du communiqué, Dhiren Dabee a souligné qu’il pouvait être mis sous certaines conditions et a suggéré une action quant à la fuite d’informations bancaires. En remettant l’avis du Sollicitor General à Ameenah Gurib-Fakim, poursuit Motichand Seebah, il lui a fait part de son opinion qu’il ne serait pas «wise» de se tourner vrs le CCID et d’émettre un communiqué. Il lui a plutôt demandé discuter avec le Premier ministre. Sur ce point, le haut fonctionnaire dit ignorer si Ameenah Gurib-Fakim a touché un mot sur la question avec Pravind Jugnauth.

Il a aussi déposé la liste des visiteurs à la State House devant la Commission d’enquête, de même que les dépôts sur le compte en banque ouvert par le PEI.