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L’un insiste sur l’introduction rapide du cannabis thérapeutique dans le protocole de soins mauricien. L’autre maintient qu’il faudra attendre le sommet de la Commission des stupéfiants des Nations unies, en mars 2020, avant de pouvoir l’envisager. Xavier Duval et Anwar Husnoo ne se sont pas entendus durant la Private Notice Question de ce mardi 9 juillet. Ce qui a donné lieu à des répétitions, des longueurs, voire quelques prises de bec sur qui confond cannabis thérapeutique et récréatif durant la demi-heure qui y était consacrée à l’Assemblée nationale.

Le Comité OMS d’experts de la pharmacodépendance a, lors de sa réunion en novembre 2018, recommandé que le cannabidiol (CBD), le cannabis et le THC (la substance psychoactive du cannabis) soient reclassés. Cela signifie notamment que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) souhaite permettre un contrôle précis du THC et d’autres cannabinoïdes. Ce qui facilitera, au niveau des Etats membres, l’adoption de législations relatives au cannabis à usage thérapeutique ou récréatif. Ces recommandations ont été rendues publiques en janvier de cette année.

Anwar Husnoo l’a bien fait comprendre : Maurice n’en est pas encore là. Le cannabis ne sera pas enlevé, dans l’immédiat, de la liste des substances interdites sous la «Dangerous Drugs Act». Pour ce qui est de l’autoriser dans le cadre de soins, il faudra d’abord attendre que la 63e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies, en mars 2020, se prononcer. Si le sommet entérine les recommandations du comité d’experts OMS, le ministère de la Santé mettra alors sur pied un comité de haut niveau composé d’experts pour se pencher sur la question. «En tenant compte des spécificités de Maurice», a souligné Husnoo.

Pourquoi Maurice ne rejoint-il pas le rang des 47 pays «pionniers» dont le Portugal, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne, qui ont autorisé l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques ? Pourquoi la nation doit-elle être «à la traîne» ? a insisté le leader de l’opposition. En prenant exemple sur la cocaïne et l’opium, deux drogues dures, dont les composés sont toutefois utilisés pour soigner les patients. «On agit comme si on était dans les années 1900 ! On refuse de se rendre à l’évidence», s’est insurgé Duval.

Le chef des bleus a aussi exhorté le ministre de la Santé à prendre en considération le sort des milliers de patients cancéreux à Maurice, ou encore des 15 000 souffrant d’épilepsie et dont les symptômes seraient grandement soulagés par le CBD. Une posture qu’Anwar Husnoo a vivement dénoncée : «Le leader de l’opposition essaie de jouer sur les émotions sur ce sujet.»

Le cannabidiol est utilisé pour soigner une forme rare d’épilepsie, a souligné le ministre de la Santé. Tandis que les effets secondaires de la chimiothérapie sont gérés au quotidien par une batterie de médicaments. «Or, le leader de l’opposition sous-entend que l’on ne traite pas ces patients… C’est faux !» s’est exclamé l’élu de Port-Louis Maritime/Est.

«Ankor pe fer politik lor maler dimounn!» a encore interjeté Husnoo quand la députée Danielle Selvon a mentionné la saisie auprès de touristes de médicaments à base de cannabidiol par la police mauricienne. Non, il n’a approuvé aucune recherche sur le cannabis thérapeutique depuis qu’il gère le portefeuille de la Santé… parce que ses services n’ont reçu aucune requête, a encore précisé Husnoo.

Xavier Duval a suggéré d’emboîter le bas à l’agence américaine chargée d’approuver les médicaments, la Food and Drug Administration, qui a agréé à l’usage du cannabidiol.

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