Quatre cautions de Rs 125 000 chacune. Quatre reconnaissances de dette de Rs 5 millions chacune. La remise de ses passeports aux policiers. C’est contre ces conditions que la Bail and Remand Court a aujourd’hui libéré Brian Burns. Qui, à l’issue de sa comparution au tribunal de la capitale, a réitéré sa « confiance » en la justice. L’ex-CEO d’Iframac répond de quatre charges provisoires dans le cadre de l’enquête ouverte dans le sillage de l’affaire BAI.

Dans son ruling, le magistrat Balluck a fait ressortir que la présomption d’innocence est en faveur du prévenu. Il n’y a pas, a-t-il poursuivi, de preuves satisfaisantes pour étayer les craintes de la police, qui avait objecté à sa remise en liberté. Celle-ci a notamment mis en avant le risque que Brian Burns fuie le pays. D’où la caution de Rs 200 000 – ensuite ramenée à Rs 125 000 après une motion de révision de Gavin Glover – et la reconnaissance de dette de Rs 5 millions imposée par le magistrat pour chacun des quatre charges dont l’ex-CEO d’Iframac fait l’objet. Celui-ci doit aussi remettre ses deux passeports à la police, ainsi qu’il s’est engagé à le faire.

La caisse du tribunal étant fermée quand la comparution a pris fin, Brian Burns a été relâché sur parole. En attendant de se présenter de nouveau en Cour de district de Rose-Hill, demain.

Gavin Glover a, lors de son argumentation, pointé les erreurs dans les actes d’accusation contre son client. Alors que le libellé des charges indique que les délits qui lui sont reprochés remontent à 2010, le chef inspecteur Parmanand, qui déposait en Cour, a, lui, indiqué que Burns avait été employé par Iframac en 2012. Gavin Glover de l’interroger : « En fait, vous en savez très peu sur cette affaire… » Le policier répond : « Oui, nous sommes aux débuts de l’enquête. »

L’homme de loi a aussi indiqué que ni Adeela Rawat, ni Laïna Rawat, ni Claudio Feistritzer, ni Brian Burns n’ont de shares dans « the ultimate holding » de BAI/Iframac.

Comme lors de la comparution de Claudio Feistritzer, la semaine dernière, Gavin Glover a fait le parallèle entre les cas de Brian Burns et de Rishi Sookdawoor. Ce dernier, CEO de BAI, a été relâché sous caution sans que la police objecte alors qu’il fait face à des charges similaires à ce qui est reproché à son client.

S’adressant à la Cour, Brian Burns a pour sa part indiqué qu’il n’a « aucun accès aux documents de la compagnie ». Qu’il est marié et a deux enfants. Et qu’il n’a « nullement l’intention de quitter Maurice ». Dans sa déposition, hier, l’ex-CEO d’Iframac a maintenu qu’il n’a « rien fait » et qu’« il n’y a aucune preuve contre [lui] ».

Photo : Brian Burns (tout à droite) arrivant à la mi-journée au tribunal de Rose-Hill.

[Note : texte modifié pour inclure le déroulement de la comparution.]