Le patron de Cargotech prévient d’emblée. S’il n’est pas au pays, c’est parce qu’il doit rester aux côtés de son fils souffrant, en France. C’est donc de Lyon qu’il répond aux accusations de conflit d’intérêts entre ses fonctions d’ancien membre du conseil d’administration d’Air Mauritius et de patron de la principale entreprise de cargo aérien du pays.

Kishore Beegoo est ainsi catégorique : tout comme le représentant de Rogers sur le conseil d’administration d’Air Mauritius, il a officiellement déclaré être en affaires avec Air Mauritius en prenant ses fonctions en septembre 2005. Oui, admet-il, c’est sa proximité avec Navin Ramgoolam qui lui a valu d’être appelé à Air Mauritius. Toutefois, prévient-il, son lien d’affaires avec la compagnie d’aviation nationale date de 2003. Avant de préciser que s’il avait une relation privilégiée avec l’ancien Premier ministre, il avait également l’habitude de lui dire ses quatre vérités.

La vérité, selon Beegoo, c’est que c’est Air Mauritius qui a davantage à gagner de sa relation commerciale avec Cargotech. Car, précise l’homme d’affaires, c’est lui qui « apporte du business » au transporteur national. Et de proposer que des auditeurs indépendants consultent tous les documents disponibles à Cargotech pour s’assurer qu’il n’y a eu ni passe-droit ni pratiques abusives de Cargotech à l’encontre d’Air Mauritius.