« Oh Happy Day… » Cet hymne, Aurore Gros-Coissy le chantait ce matin encore à la chapelle de la prison pour femmes, à Beau-Bassin. Et il résume bien le sentiment qui l’anime aujourd’hui. Après plus de quatre ans passés dans les cellules mauriciennes, la Française est enfin libre. Le jugement la condamnant pour trafic de Subutex et, par conséquent, à 20 ans de prison a été cassé par la Cour suprême en ce 25 novembre.

Soulagée et heureuse d’être enfin libre. Les yeux qui pétillent, le sourire qui ne quitte presque pas son visage… Malgré sa folle journée, Aurore Gros-Coissy ne se départit pas de sa bonne humeur. Les démarches ont été nombreuses, depuis sa libération, afin qu’elle puisse passer quelques jours dans l’île avant de rentrer, samedi, en France. Un séjour régi par certaines conditions imposées par les autorités. Et durant lequel elle pourra enfin découvrir Maurice, goûter aux saveurs locales, aller à la plage… Tout ce qu’elle n’a pas pu faire depuis qu’elle a débarqué à Plaisance, un 18 avril 2011, et la découverte, dans ses bagages, de 1 680 comprimés de Subutex.

La jeune femme, qui a toujours clamé son innocence, peine encore à réaliser ce qui lui arrive. Elle avoue même : « Ça va me faire bizarre de retrouver une vie normale. » La prison l’a, certes, privée de sa liberté de mouvement. Mais cette expérience, dit-elle d’une voix posée où pointe une certaine excitation, l’a transformée.

Aurore Gros-Coissy s’y est faite des amies, qui lui manqueront. Tout comme le jardin à la prison pour femmes, où elle travaillait régulièrement, et les canetons qui sont nés il n’y a pas longtemps et dont s’occupent les détenues.

Ces années d’incarcération lui ont permis de se découvrir. De trouver sa force. « Maintenant, je n’ai peur de rien. »