Curly Chowrimootoo et Peroomal Veeren. Deux noms de trafiquants de drogue qui sont revenus régulièrement lors de l’analyse des relevés téléphoniques d’Anil Kumar Mohabeer, surnommé Satish. Et pour lesquels le propriétaire de tabagie et hommes d’affaires a dû s’expliquer, ce lundi 5 février, devant la commission drogue.

Paul Lam Shang Leen, président de la commission, n’a pas manqué de noter que les communications les 43 communications, de janvier à mai 2016, avec le détenu Chowrimootoo. Mohabeer soutient ne pas le connaître.

Cet habitant de Terre-Rouge avait déjà été arrêté pour des délits de drogue. Son neveu Akshay Sharma Kariman l’avait également impliqué en décembre 2015 dans une affaire de blanchiment d’argent. Arrêté dans une agence de change avec Rs 600 000 qu’il tentait de changer en devises, l’homme avait déclaré que l’argent lui avait été remis par son oncle. Des propos que Mohabeer a de nouveau nié, hier, lorsqu’interrogé par la commission Lam Shang Leen. Insistant que s’il avait bien remis cette somme, c’était pour que Kariman fasse un dépôt.

Deux ans plus tôt, rappelle Lam Shang Leen à Mohabeer, la police avait perquisitionné à son domicile et saisi une importante somme en devises : euros, dollars américains et australiens, francs suisses, roupies seychelloises,  dinars, livre sterlings… Pour la commission, tout cela est louche. «Nous vous soupçonnons d’être un cambiste fraudeur», lance Lam Shang Leen. Des accusations que Mohabeer dément vivement.

«Il semble que Peroomal Veeren vous aime bien, fait remarquer l’ex-juge. Pourquoi votre numéro figure dans son carnet ? Vous l’appelez en prison ?» «Jamais», interjette Mohabeer. Lam Shang Leen lui rappelle qu’il est sous serment. C’est Peroomal Veeren qui lui téléphone, affirme le témoin, «pou rod kass avek mwa». Une réponse qui étonne l’ex-juge et ses assesseurs, et fait rire les journalistes présents dans la salle.

Pour l’assesseur Ravind Domun, l’homme d’affaires ne semble parler qu’aux trafiquants de drogue, et pourrait blanchir de l’argent.

Mohabeer, a deux semaines pour produire les documents relatifs à ses compagnies et ses comptes bancaires personnels.

Autre témoin entendu : un représentant d’Emtel, appelé à s’expliquer notamment sur les 2 000 cartes SIM achetées par une agence de voyages, des étrangers notamment des Bangladais qui ont plusieurs cartes SIM dont certaines se sont retrouvées en prison.

Le Technical Manager a expliqué que la compagnie de téléphonie ne peut refuser de vente mais que l’acheteur, qu’il soit un individu ou une compagnie, est responsable de ces cartes.

Le président de la commission a suggéré, par exemple pour les touristes, une formule d’activation de carte SIM correspondant à la durée du séjour. Des solutions comme cela sont envisagées, a indiqué le représentant d’Emtel.