Le procès intenté à l’ex-Premier ministre et à deux ex-hauts gradés de la police dans l’affaire Roches-Noires a été pris sur le fond aujourd’hui.

Au total, 23 témoins seront entendus dans cette affaire. Trois d’entre eux ont comparu lors de l’audience de ce mardi 28 février, en Cour intermédiaire.

La poursuite, représentée par Mes Mohana Naidoo et Jean Michel Ah Sen, a d’abord appelé Jaya Naidoo du Registrar General, l’enquêteur Sooben du Central Criminal Investigation Department ainsi que Neerunjun Ramtohul, Senior Business and Corporate Manager à la Barclays Bank.

Le quatrième à être entendu devait être Rakesh Gooljaury. L’homme d’affaires et ancien proche de Ramgoolam est témoin à charge dans ce procès.

Cependant, Gavin Glover, avocat de Navin Ramgoolam, a objecté à ce témoignage à ce stade. Arguant dans sa motion que la Cour devrait d’abord prendre connaissance de tous les témoignages consignés, dont celui de son client.

La défense avait également fait une requête pour un Edited Statement de Navin Ramgoolam suivant sa déposition à la police. Et, précédemment, pour obtenir le relevé des appels téléphoniques et SMS de Dev Jokhoo et Rampersad Sooroojebally.

En Cour, l’enquêteur Sooben a déclaré qu’il a enregistré la déclaration de Neerunjun Ramtohul sur le relevé bancaire de Goman Ltd¸ entreprise de Rakesh Gooljaury. Me Gavin Glover l’a interrogé sur deux chèques en particulier qui avaient été rejetés.

Neerunjun Ramtohul a, pour sa part, indiqué que ces chèques, dont l’un s’élève à Rs 100 000, ont été rejetés par manque de liquidités sur le compte bancaire.

Les deux étaient tirés à l’ordre de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam.

La motion de Gavin Glover sera débattue le 13 mars prochain et le procès se poursuivre avec la reprise de l’audition de Neerunjun Ramtohul.

Navin Ramgoolam et ses coaccusés, les anciens Deputy Commissionners of Police Dev Jokhoo et Rampersad Sooroojebally, sont poursuivis pour entente délictueuse en vue de dissimuler ce qui s’est vraiment produit dans le bungalow de l’ancien Premier ministre dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011.

Un important dispositif policier a été déployé autour et à l’intérieur du New Court House, aujourd’hui. Avec non seulement un effectif renforcé notamment par des éléments de la Special Supporting Unit, mais aussi des barrières de sécurité. L’accès à la salle d’audience était strictement contrôlé.

Rakesh Gooljaury était, lui, sous escorte policière.